Etre bienveillant envers soi-même

Pourquoi j’adore instagram.

Il y a quelques temps, j’ai écrit un article dans lequel je disais à quel point les comptes instagram pouvaient être culpabilisants pour les parents. Ces comptes parfaits, lisses, dont nous imaginons une vie toute aussi parfaite nous ramènent à notre réalité et nous font nous sentir vraiment en dessous et nuls.

Moi qui prône la bienveillance et le positif, j’en venais à vraiment ressentir des émotions négatives à l’encontre de ces comptes qui, je pensais, véhiculaient les mauvaises images et étaient de très mauvais modèles pour la plupart des gens. Est-ce-que la vie est parfaite? non. Est-ce-qu’il est possible de vivre au quotidien dans une maison qui ressemble à une vitrine de magasin? non. Est-ce-que tout le monde peut vivre une vie faite de voyages gratuits? non.

J’avais donc la sensation que ce réseau social faisait beaucoup plus de mal que de bien. Nous avons tous des vies différentes, il nous serait bien difficile d’avoir tous la même vie! Alors pourquoi baver sur la vie de quelqu’un dont nous voyons les photos qui ont peut-être été l’objet de plusieurs heures de travail?

Un jour, j’ai dépassé les limites. J’ai répondu de manière assez agressive à une instagrammeuse dont le plus jeune enfant était, selon moi, mal installé dans son siège auto. Comment quelqu’un qui prône une vie si parfaite peut-elle montrer son enfant dans des conditions de sécurité non correctes? J’étais en colère. En vérité, peu importait que son fils ait la tétière de son siège auto mal ajusté. Il n’était pas en danger. En réalité, j’étais en colère contre les personnes qui faisaient croire que la vie parfaite existe.

J’aurais pu arrêter instagram. J’aurais pu arrêter de suivre ces comptes. Mais au lieu de ça, je me suis questionnée, j’ai poursuivi….et j’ai appris à aimer. A tel point qu’instagram est devenu mon réseau favori, bien au delà de facebook sur lequel je passais beaucoup plus de temps avant.

Alors, qu’est ce qui a changé?

Mon regard, d’abord. Comment peut-on croire que ceux qui font de belles photos ont une vie parfaite? Tout un chacun sait que personne n’atteint la perfection ( et heureusement). Pourquoi ces comptes me mettaient-ils en colère? Parce qu’ils me faisaient culpabiliser, parce qu’ils me faisaient les jalouser. Mais je faisais fausse route. Aujourd’hui je ne les regarde pas avec envie, je les regarde avec plaisir. Parce que finalement ils font du bien, et ils ne font que ça. En quoi serait-il mauvais de vouloir faire montrer de l’amour, de beaux paysages ou des maisons bien décorées?

En fait, c’est un peu comme si les personnes qui me suivent pensent que, parce queje présente des panneaux sur l’éducation positive, je suis un exemple de calme et de perfection avec mes enfants. C’est complètement faux! Je continue de progresser encore et toujours, j’ai mes failles , parce que je suis humaine!

C’est pour cette raison que j’aime suivre les stories des comptes qui me plaisent. On y voit toujours que quelques bribes de vie ( évidemment personne ne va aimer faire une vidéo de crise ou de dispute) mais on y voit la vie en mouvement.

Aujourd’hui, mon regard sur Instagram a changé. Je regarde certaines photos comme le résultat d’un travail. Je prends le beau comme on me le montre, sans essayer d’interprêter ce qui se cache derrière. On le sait, les interprêtations sont nuisibles, car elles ne sont pas objectives et ne refètent donc pas la réalité.

Instagram me fait du bien, contrairement à facebook. Je vois de belles images, je lis les textes, ou non, en fonction de mes envies. Certains comptes m’apportent beaucoup, car ils sont très enrichissants, et me permettent de progresser dans mon quotidien. D’autres m’apportent juste un moment agréable par leurs belles photos.

A l’inverse, quand j’ouvre facebook, je me sens envahie par toutes les écritures et mon cerveau a du mal à faire le tri. La plupart des gens viennent se plaindre, ou demandent des solutions à leurs problèmes. L’échange et le partage sont de très belles valeurs, mais quand on ne lit plus que cela, les effets sont plutôt négatifs. De plus, les partages sont de plus en plus angoissants : on y voit des photos ou vidéos de maltraitances animalières, d’incivilités ou d’autres nouvelles sordides. Par ailleurs, je suis ajoutée régulièrement à tout un tas de groupes sans mon consentement.

Hier, j’ai lu que, de la même façon que l’on fait attention à ce que l’on mange pour être en bonne santé, il fallait faire attention à la « nourriture cérébrale » que nous nous infligeons, car elle a des conséquences sur notre quotidien. Alors, entre des news catastrophiques et des jolies photos. Mon choix est assez vite fait.

Ma page facebook est bien suivie, et je vous en remercie. Pourtant, j’ai plus d’échanges via instagram, alors que mon compte est minuscule.

Alors je remercie tous les instagrammeurs qui proposent du beau, tous ceux qui proposent de l’informatif, et je vous invite à m’y rejoindre si le coeur vous en dit : @parents_épanouis. (vous verrez tous mes panneaux plus en story je vous invite à me poser des questions sur les panneaux chaque jour, et je me permets également de me livrer un peu plus pour que vous sachiez qui je suis)

Vous pouvez cliquer sur la photo pour accéder à mon compte.

Etre bienveillant envers soi-même

Et si la course à la mère parfaite n’était pas là où vous l’attendiez…

Vous en avez certainement entendu parler, du mum bashing, non? C’est un nom anglais pour désigner le fait de critiquer les mères, quoi qu’elles fassent. Ces critiques nous renvoient sans cesse à l’idée que nous devons être des mères parfaites. Le problème? Les différents discours dans lesquels tout le monde se perd. Plus personne ne sait ce qu’il faut faire ou non, et pire, on se sent comme indigne de notre rôle de mère si l’on déroge aux recommandations. Il faut coucher les enfants sur le ventre, non, sur le dos, ne plus mettre de tour de lit, éviter le trotteur, la tétine et le lait en poudre. J’exagère. A peine.  Récemment, Aurélie du blog zozomum a fait un article très juste sur le sujet que vous pouvez retrouver ici.

Dans son article, Aurélie dit que le plus important est de suivre son instinct de maman, car quoi qu’on fasse, on pourra toujours être critiquée de toute manière. Je suis d’accord sur la critique, mais plus réservée par rapport à l’ instinct. Pour moi, l’instinct, c’est notre côté animal, ce qui est du domaine de l’inné. Mais dans ce cas, comment progresser? Comment évoluer? Comment savoir faire autrement que ce qui nous a été transmis?

Il est évident que les livres restent de la théorie, mais il est impossible, selon moi, de progresser sur l’éducation s’en s’ouvrir aux nouvelles avancées. Notamment avec les neurosciences et ce qu’elles nous apprennent sur le cerveau de nos enfants.  Et puis, ce qui prime sur la théorie des livres, ce sont nos enfants. Pas nous. Car, même avec toute la bonne volonté du monde, même en lisant tous les livres existants sur l’éducation, il ne serait pas possible d’élever nos enfants sans nous adapter à eux. C’est en écoutant son enfant et en apprenant à le connaître que nous allons réussir à nous adapter à lui au mieux et à savoir ce qui est bon pour lui. C’est peut être cela l »instinct » dont parle Aurélie? Pour moi, cela signifie être à l’écoute, et si pour certains parents, cela est presque inné, pour d’autres, il faut le travailler . L’adulte doit apprendre à faire en fonction de son enfant, et pas l’inverse. Ainsi, si l’enfant hurle en étant couché sur le dos alors qu’il dort comme un bienheureux sur le ventre, va t on passer pour une mère indigne qui souhaite la MSN parce que le couchage sur le dos est plus sécuritaire? Mais n’y a-t-il pas des moyens de coucher son bébé sur le ventre, en toute sécurité?

Ce que je reproche à tout ça, c’est que l’on remet souvent tout sur le dos de l’éducation positive. C’est l’éducation positive qui donne une image de mère parfaite, ce sont les personnes qui prônent l’éducation positive qui jugent les autres mères et sont responsables de leur burn out.  En fait, je crois que tout cela est partie d’une grosse incompréhension de ce qu’est l’éducation positive, et je vais revenir dessus très prochainement pour remettre les pendules à l’heure!

Par contre, la course à la mère parfaite, la pression sur le rôle parental, je pense qu’il se trouve à un endroit où on  ne l’attend pas forcément. Le mythe de la mère parfaite, je ne le ressens pas dans le discours des personnes qui veulent faire au mieux pour leur enfant, mais plutôt dans les photos instagram qui montrent des intérieurs dignes d’une vitrine Habitat. Pas un grain de poussière qui traîne, même pas un jouet. On se demande même si ce sont des vrais enfants qui habitent cette maison. Les décors sont parfaits, les sourires aussi. Quant au brushing et aux vêtements, n’en parlons même pas. Sans avoir besoin de parler ou de faire la morale aux autres, ces instagrammeuses font croire à la perfection parentale, perfection qui, je le rappelle, n’existe pas. Pire, elles nous font culpabiliser et nous mettent la pression sur des aspects de notre vie qui ne devraient même pas être une priorité. Car justement, pour pouvoir s’enlever de la tête d’être parfaite, il faut savoir lâcher prise sur ce qui n’est pas essentiel. Et dans la vie quotidienne, est ce primordial d’avoir un intérieur sans aucun objet installé de travers?

timothy-buck-309898

 

Ces personnes, qui nous font croire à une vie rêvée et parfaite, sont également celles qui, à travers une photo ou une vidéo, montreront un coin de siège auto totalement hors normes et donc extrêmement dangereux, ou qui diront qu’elles ont laissé pleurer leur bébé pendant une heure et demi pour qu’il fasse ses nuits. Est ce cela, la perfection parentale?

Alors, au final, je préfère qu’on me guide et qu’on m’informe plutôt que de me sentir jugée sur mon intérieur qui ne ressemble pas à une vitrine de magasin. J’aime autant que ma maison soit pleine d’imperfections et pleine de vie, tout en sachant que je ne donne pas une fausse image de la mère parfaite.

 

Et pour vous éviter de foncer droit dans le burn out et arriver à lâcher prise, je vous conseille ce super livre (vous pouvez directement cliquer dessus)