Des livres (et films) pour nous aider

Tout va bien, nous sommes paumés!

J’aime beaucoup cette phrase qui, a elle-seule, résume tout à faire le lâcher-prise. Mais c’est quoi, le lâcher-prise dont on parle si souvent? Car il est évidement qu’il ne suffit pas de le dire pour y arriver. C’est un peu comme dire à un enfant « sois sage ». Cela n’a pas de sens. Alors, il ne suffit pas de dire à un parent « oh c’est bon, lâche prise, tu seras bien mieux » pour que ça fonctionne. Parce qu’ il y a quoi, derrière tout ça?

« tout va bien, nous sommes paumés » est un livre des éditions l’instant présent. Il est écrit par une journaliste qui a recueilli les témoignages d’éducateurs qui travaillent dans un foyer accueillant des adolescents, en Suisse. Ces éducateurs ont fait un constat : les règles qu’ils souhaitent faire respecter par les jeunes ne fonctionnent pas toujours. Ils ont donc décidé de faire autrement, de lâcher prise, et de voir comment cela se passe.

Ce livre est vraiment très intéressant car il peut évidemment se transposer de la même façon à la structure familiale. On apprend donc, avec des histoires concrètes de jeunes, comment on peut faire autrement, comment on peut  arriver à laisser tomber des principes et laisser les enfants reprendre le contrôle de leur vie.

Tout-va-bien-nous-sommes-paumes-

Voici quelques extraits relevés dans ce livre, qui me semblent vraiment importants et qui pourront parler à un grand nombre de parents (mais je vous invite vraiment à lire ce livre qui se lit très facilement et très rapidement).

 » La contrainte tue la motivation ».

« Les punitions peuvent rapidement mener à un constat d’isolement, c’est à dire qu’elles risquent de s’additionner à l’infini sans pouvoir être appliquées ni produire aucun effet. »

« L’obéissance est due à l’acceptation de la soumission ».

« La quête du contrôle entraîne une énorme dépense d’énergie puisqu’il faut immanquablement se répéter, hausser la voix, insister, etc. pour des résultats parfois très décevants. Tout se passe comme si c’était le travail naturel de l’enfant que de contester ( ou tester) l’autorité de l’adulte. »

J’ai souvent pensé qu’il fallait apprendre à respecter les lois et les règles parce qu’on comprend pourquoi elles sont fixées et non pas par peur de ce qui peut nous arriver si nous ne les respectons pas. Malheureusement, je suis sure qu’aujourd’hui 80% de la population est plutôt dans le deuxième exemple. Lorsque j’en parle autour de moi, on me dit que notre monde n’est pas celui des Bisounours. Et bien, je suis ravie aujourd’hui d’avoir trouvé dans ce livre mes pensées couchées sur le papier! En voici l’extrait (désolée la qualité n’est pas très bonne) :

Bref, ce livre fait du bien. Il nous montre comment nous pouvons faire différemment, et comment, en lâchant sur certaines choses, cela peut se dérouler sans que nous soyons de mauvais parents pour autant.

Si ce livre vous tente, vous pouvez le trouver ici  :

Education respectueuse

Et si crier sur nos enfants les paralysait?

Il y a quelques temps, j’ai acheté le hors série du magazine psychologie positive, dont le thème était l’éducation positive.

Je suis tombée sur un article très intéressant d’Isabelle Filliozat concernant l’iinhibition de l’action. Si ce nom ne vous dit rien, c’est plutôt normal, car on en parle peu. Personnellement, je n’en avais même jamais entendu parler avant de lire l’article.

Pour illustre son propos, madame Filliozat commence par nous parler d’une vidéo d’un chat dont le propriétaire l’avait harnaché pour l’emmener se promener. Le chat s’est effondré, et son  maître l’a redressé à plusieurs reprises pour l’inciter à le suivre. Seulement, le chat, tout mou, tombe et retombe au fur et à mesure que son maître le relève. Dans la vidéo, les personnes présentes face au chat rient de le voir dans cet état, pensant que le chat est trop fainéant et refuse de sortir. Les commentaires sous la vidéo vont dans le même sens : le chat fait la comédie pour ne pas sortir.

Or, tout ceci est une interprétation. En réalité, nous explique Isabelle Filliozat, le chat est victime d’un réflexe. En situation de stress, si le chat ne peut ni fuir ni attaquer, il fait le mort. C’est ce que Henri Laborit, médecin chirurgien et neurobiologiste a appelé l’inhibition de l’action. Il s’agit d’un processus neuromusculaire qui est déclenché par l’amygdale et complètement involontaire. L’animal est comme paralysé et ne répond plus aux stimuli externe.

Je ne sais pas si cela vous ai déjà arrivé, mais pour moi cela fait écho au chien que j’ai eu il y a des années de cela, et lorsque j’avais voulu lui apprendre à marcher en laisse, celui ci se laissait tomber et se couchait sur le dos, si bien que je devais le traîner ou le porter. En sachant ça, je me dis que j’ai été une bien méchante maîtresse à cette époque!

Pour en revenir à ce réflexe, ce qui nous intéresse, c’est bien sur de savoir ce qu’il en est pour les enfants. Car, c’est à peu près la même chose pour eux. En effet, si vous criez sur votre enfant pour qu’il se dépêche, vous allez peut être le voir ralentir ou bien même se mettre à jouer comme s’il n’avait rien entendu. Cela est très énervant, et généralement fait crier de plus belle, jusqu’à ce que les choses dégénèrent.

Pourtant, l’enfant ne fait pas plus de comédie que le chat sur la vidéo. Il ne fait donc pas exprès pour vous énerver, mais parce que vos cris ou votre colère lui ont procuré du stress et déclenché une réaction naturelle mais involontaire.

Comment ça se traduit pour lui, concrètement?

En situation de stress, l’enfant va ressentir une baisse de tonus musculaire et du rythme cardiaque et une augmentation de l’anxiété, qu’il va essayer d’enrayer en jouant ou bien en souriant. Si votre enfant sourit lorsque vous le disputez, ce n’est pas du tout pour se moquer de vous, mais parce qu’il essaye de combattre le stress qu’il ressent!

Généralement, après cette phase « molle » , l’enfant réagit par deux moyens : la fuite ou l’attaque. Sachant que dans la plupart des cas c’est l’attaque qui prime parce que plus souvent choisie par le cerveau! Et du coup, c’est la crise assurée!

Pour éviter tout cela, essayez de trouver d’autres stratagèmes pour que votre enfant fasse un peu pus rapidement ce que vous lui demandez 😉

crier

Education respectueuse

Quel cadre pour mon enfant?

Avec tout l’effervescence autour de l’éducation positive, beaucoup de jeunes parents se perdent. Ils ne savent plus ce qu’ils doivent faire ou ce qui est le mieux pour leur enfant. La plupart du temps élevés dans une famille à l’éducation stricte, ils reproduisent, sans trop savoir pourquoi, mais surtout parce que la pression familiale est grande. Les générations précédentes se régalent de « de mon temps il y avait du respect! « , « j’ai pris des fessées et je n’en suis pas mort » ou autre « encore un effet de mode, il faut toujours que les jeunes aient l’impression de mieux faire que nous ». Si vous êtes un jeune parent, vous avez forcément entendu une de ces trois phrases. Alors, même quand vous décidez d’essayer malgré tout une autre forme d’éducation, qui vous semble plus adaptée, vous êtes confrontés de nouveau à toute une série d’attaques  du genre « tu vas l’habituer aux bras », « tu vas en faire un capricieux », « ça va devenir un enfant roi »!  etc.

Il est donc difficile de s’orienter à contre courant  et de tenir si votre famille ou vos amis ne vous laissent pas la liberté de choisir l’éducation que vous souhaitez donner à vos enfants.

Mais avant même de choisir, il faut clarifier les choses. Un cadre, qu’est ce que c’est?

Le cadre, ce sont les limites que vous allez donner à vos enfants. Les règles, les droits et les devoirs, les interdits que vous allez fixer. Ce cadre va bien sur dépendre de chaque personne, car nous ne mettons pas le curseur au même niveau. Certains seront bien plus tolérants que d’autres. Mais cela n’a pas d’importance.

Quand on parle d’éducation positive, il y a de nombreuses confusions dans l’esprit des gens. Beaucoup de personnes pensent qu’il s’agit de dire oui le plus souvent et de ne pas poser de limite. Or, dans ce cas, il s’agit de laxisme, et cette méthode est dangereuse pour les enfants. Elle mène à éduquer ce qu’on appelle « des enfants rois », qui ne supportent aucune frustration et qui dominent toutes les personnes en leur rendant la vie dure. Le laxisme permet le débordement jusqu’à ce que l’adulte se fasse déborder lui-même.

Pourquoi est ce primordial de poser un cadre à ses enfants alors?

les limites sont sécurisantes pour les enfants. L’absence de cadre est, à l’inverse, angoissant. Lorsqu’il n’y a pas de limite, pas de règle, les enfants ne comprennent plus ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire. Ils ne savent pas comment se comporter, ni comment adapter leur comportement. Cela ne les aide ni à se sociabiliser, ni à grandir correctement.

A l’inverse, les enfants ont un besoin fondamental de se confronter au cadre et à aux règles. Ils ont besoin de connaître les limites et les interdits, mais aussi d’essayer de les repousser! Les adultes prennent toujours cela pour de la provocation, alors qu’il n’en est rien. Si les enfants cherchent à repousser les limites, c’est simplement pour tester la solidité de l’adulte. Va-t-il tenir?  Si l’adulte en face de lui ne tient pas, alors l’enfant se rendra compte qu’il n’a pas à faire à une personne sécurisante, car le cadre lâche. C’est pour cela qu’il est nécessaire de donner des limites et de faire en sorte qu’elles soient solides.

Cependant, on sait aussi aujourd’hui qu’un cadre trop strict n’est pas convenable non plus. En effet, dans ce cas, il s’agit d’autoritarisme et l’on soumet les enfants par la peur (souvent de la violence physique) ou en les écrasant par des agressions verbales. Cette technique est efficace pour l’adulte car l’enfant se soumet effectivement et semble « sage », mais en même temps il est rabaissé et n’a plus aucune confiance en lui. L’adulte doit donc se poser la question de ce qu’il souhaite : est ce d’aider ses enfants à grandir et se construire pour devenir des adultes qui se sentent bien dans leur peau ou alors de les habituer à se soumettre à d’autres personnes qui se posent en supérieurs? La cadre strict est presque une forme d’emprise sur l’enfant. Il ne lui laisse aucune marge de réflexion ou de choix. L’enfant n’a pas son mot à dire, il doit simplement exécuter les ordres qu’on lui donne.

Du coup, quel est l’idéal? Quel cadre donner à mon enfant?

Tout est une question d’équilibre, de juste milieu. Le laxisme est trop angoissant et ne permet pas à un enfant de grandir correctement, mais l’éducation trop stricte non plus.

C’est pour cela que l’éducation positive propose un cadre « souple-dur ». Les limites sont posées et claires, mais elles peuvent être, comme du caoutchouc, écrasées, ou mises sous pression sans jamais casser ou se déchirer, pour reprendre ensuite leurs formes initiales. Il s’agit d’avoir en tête, en tant qu’adulte, les limites que vous ne souhaitez vraiment pas  voir franchir, et il faudra vous y tenir. Mais si votre enfant refuse une de vos demandes, peut être est-il possible de voir les choses différemment? Souvent, la confrontation amène au conflit directement, et finit en crise. Il existe alors deux façons de procéder différentes :

  • Soit vous décidez de ne pas céder, et alors vous pouvez différer le problème : il s’agit ici de dire les choses (par exemple, je souhaite que tu te laves les mains avant de te mettre à table) mais de laisser l’enfant décider du moment où il va le faire. En effet, soit vous vous opposez à lui et il se peut que cela se termine en crise et en pleurs, et personne n’aura eu gain de cause, soit vous pouvez lui dire  » je souhaite que tu aies les mains propres quand tu te mets à table » et vous passez à autre chose pour lui laisser le temps d’aller se laver les mains quand il l’aura décidé. La plupart du temps, vous vous rendrez compte que l’enfant finit par faire ce que vous lui avez imposé. Vous différez simplement l’application tout en maintenant la demande.
  • soit vous décidez que la règle peut être dérogée, parce que votre enfant vous propose une alternative, et qu’elle vous semble convenable, tout en ne cherchant pas à dépasser la limite. Il est important de se positionner en tant qu’accompagnant, et c’est là que vous pourrez voir la différence avec de l’adultisme ou de l’autoritarisme. Ce n’est pas parce que c’est votre enfant qui a choisi que vous devez vous sentir en danger dans votre rôle de parent. Si c’est ce que vous ressentez, peut être faut il alors faire un travail sur vous-même en sachant ce que vous souhaitez mettre derrière ce rôle de parent. En effet, il n’est pas normal de se sentir en compétition avec votre enfant, car éduquer n’est ni une compétition ni une guerre de pouvoir.

Votre enfant doit pouvoir se confronter à votre cadre, le faire bouger, le faire flancher, sans pour autant le faire céder. Il est primordial pour chaque enfant de savoir que les adultes qui les élèvent peuvent être souples mais fermes, c’est à dire qu’ils ne céderont pas sur le fond.

J’espère que les choses sont un peu plus claires pour vous, n’hésitez pas à me poser d’autres questions si vous avez besoin de plus d’explications. Et surtout, suivez ma page parents épanouis : enfants heureux sur laquelle vous trouverez de nombreux conseils pour gérer différentes situations avec vos enfants!

Valentine.

 

Education respectueuse

Stop à la pression autour de la parentalité!

Il y a quelques temps, j’ai écrit un article sur les 10 points clés qui me semblaient essentiels de connaître sur la parentalité positive (ou la bienveillance, mais ce terme un peut trop vague est vite devenu fourre-tout). Si vous ne l’avez pas lu, vous pouvez le retrouver ici .

Sur internet, entre ceux qui prônent la parentalité positive et ceux qui n’en peuvent plus d’entendre parler de ça, la guerre fait rage. De nombreux articles de mamans sortent dans tous les sens, pour qu’on arrête  de  les culpabiliser  en leur demandant d’être parfaites. Il y a également de plus en plus de témoignages de burn-out maternels, ceux-ci étant plus ou moins mis en cause par une tentative d’éducation positive ratée, par une trop grosse pression liée  à une volonté d’être un parent parfait.

Sur ce blog, j’insiste sur la nécessité d’être un parent épanoui, pas un parent parfait (tout simplement parce qu’il n’existe pas) et je crois que même si la différence est énorme, beaucoup de personnes ne la perçoivent pas.

Aujourd’hui, j’abonde dans le sens de ces mères qui disent stop. Stop à la pression parentale, stop à la course aux parents qui auront raison. Sauf qu’en fait, pour moi, c’est un faux débat. Car les personnes qui parlent de parentalité positive, si elles parlent bien de ce qu’est cette parentalité et pas du fourre-tout dont certains se sont emparés, ne culpabilisent pas les autres parents. En revanche, les parents s’adressant à ceux qui pratiquent la parentalité positive, eux, tentent de les culpabiliser en les accusant de leur mettre la pression. Ces parents veulent être libres, libres de leur choix éducatif. C’est une très belle idée, en soi, mais elle me pose questions :

  • Sous couvert de la liberté, a-t-on le droit d’élever ses enfants comme on le souhaite, même dans la violence? ( Ceux qui disent qu’une claque n’a jamais tué personne, ont donc la liberté de frapper leurs enfants, parce que c’est leur choix?)
  • ces parents, sont-ils vraiment libres de choisir leur éducation? Ne sont-ils pas prisonniers de l’éducation qu’ils ont eux-mêmes reçus de leurs parents?
  • Les parents pensent ils être vraiment libres d’éduquer leurs enfants comme ils l’entendent, sans se sentir visés par la société?

Ce que j’entends par là, c’est que la bataille qui se trame aujourd’hui entre l’éducation dite positive et les parents contre ce mode de pensée, est une fausse bataille. La vraie pression exercée sur la parentalité ne vient pas de l’éducation positive, mais de la société et des générations antérieures. Il n’est pas possible de dire le contraire. Chacun parmi vous a déjà du avoir des réflexions de la part de sa famille sur sa façon de faire ou a déjà senti sur lui et ses enfants le regard des autres lors d’une sortie en famille. Cette pression familiale est insupportable. Elle résulte d’un conflit générationnel (j’en parle ici) pour lequel les anciens se posent en situation de savoir absolu (tiens, ça me rappelle l’école) en considérant que tout ce qui est nouveau est un effet de mode ridicule. ( C’est vrai que vu comme ça on comprend mieux pourquoi l’humanité avance si doucement ). Si votre enfant se met à hurler dans une salle d’attente ou dans un magasin, qu’allez-vous faire? Ne pensez-vous pas au regard des autres et au jugement qu’ils portent sur vous à ce moment là? Ne pensez-vous pas qu’il est important d’installer votre autorité à cet instant pour prouver que votre éducation est « bonne »? Vous sentez-vous libre de faire ce que vous souhaitez? Il me semble que la vraie liberté éducative est là. Savoir ce qui est bon pour son enfant, sans céder à la pression extérieure, quelle qu’elle soit. Choisir la bonne réponse pour son enfant, parce qu’on le connaît, et pas la réponse que les adultes autour attendent.

Le gros problème, avec l’éducation positive, c’est qu’elle demande une grosse remise en question de sa propre éducation et que beaucoup de personnes ne souhaitent pas le faire. Il devient donc impossible d’installer un nouveau mode éducatif mixé avec des éléments ancrés profondément en nous et complètement inconscients. C’est comme cela que l’enfant que vous étiez peut se retrouver en compétition avec votre enfant. C’est comme cela que les choses ne collent pas naturellement, que tout est forcé, et que, comme on le dit si bien, le naturel revient au galop.

L’éducation positive n’a jamais été d’être un parent parfait, et d’oublier que nous sommes des humains avec notre ennemi principal qui nous colle à la peau : la fatigue. Sans apprendre à la gérer, à l’apprivoiser, à se connaître correctement, à savoir qui l’on est et d’où l’on vient, il est impossible de mener une éducation positive. C’est une erreur que je vois le plus souvent : pour moi, l’éducation positive n’est pas placée du point de vue de l’enfant, mais du parent. Bien sur, l’objectif est d’élever son enfant d’une certaine manière, mais comment être bienveillant et positif avec quelqu’un si vous ne l’êtes pas d’abord envers vous-même?

Ce sera donc le thème d’un de mes prochains articles : Comment devenir un parent bienveillant.

à très vite!

Valentine

2016_06_10 Bienveillance

Education respectueuse, Etre bienveillant envers soi-même, Non classé

10 points clés à connaître sur l’éducation positive.

Récemment je me suis tenue un peu à l’écart des réseaux sociaux pour profiter de mes vacances. J’ai donc lu en diagonale les sujets qui revenaient souvent. Visiblement, il y a eu remise en question de l’éducation positive et beaucoup d’articles sont sortis pour déculpabiliser les parents. Je ne suis pas sure que cette remise en question soit nécessaire, tout simplement parce que je pense que de nombreuses personnes n’ont pas compris ce qu’était l’éducation positive. Pour y voir plus clair, je vous propose 10 points clés à savoir sur cette pratique.

1- Positif ne veut pas dire laxisme.

C’est une des plus grosses confusions de l’éducation positive. Les conséquences, dans l’esprit des gens, ce sont des enfants rois. Or, peu importe la méthode choisie pour élever ses enfants, on le sait tous, il faut un cadre et des limites. Il est impossible de dire oui à tout et de laisser faire tout et n’importe quoi. Un enfant se structure correctement avec un cadre bien défini et cela le rassure. C’est d’ailleurs pour cela qu’il cherche sans cesse où se situent les limites. S’il n’en a pas, il se sent perdu. L’adulte est garant de la sécurité des enfants et ne peut donc pas laisser l’enfant choisir lui même ses limites. L’éducation positive consiste à élever son enfant dans le respect de celui-ci, de l’accompagner sans imposer. Le parent est donc présent pour que cet accompagnement se fasse tout en apprenant les règles de vie en société. Ainsi, l’enfant ne va pas apprendre qu’il ne doit pas franchir une limite par peur de la sanction, mais parce qu’il va comprendre pourquoi cette règle est importante (et quelles conséquences elle peut avoir). Cela ne fera pas de lui un enfant roi mais un enfant réfléchi, qui comprend ce qu’il fait et pourquoi il le fait ou ne le fait pas.

2- Différencier autorité et autoritarisme.

Traumatisés lorsqu’ils étaient petits parce qu’ils devaient se taire uniquement parce qu’ils étaient des enfants, bon nombres de parents tombent dans le même travers. Enfin, ils pourront dire à leurs enfants que « c’est comme ça, parce qu’ils l’ont dit et que ce sont eux les adultes ». Cela s’appelle de l’autoritarisme. Un abus de pouvoir, si vous préférez. L’adulte a plus d’expérience, mais ne doit pas s’en servir contre son enfant en le dévalorisant. Il n’y a aucune raison valable pour que la parole d’un adulte soit plus importante que celle d’un enfant. L’adulte, qui fait office d’autorité, peut expliquer à l’enfant les raisons de son exigence, sans faire preuve d’autoritarisme. Si vous avez un problème avec l’autorité (peut-être un chef qui fait de l’autoritarisme sur vous), travaillez sur le problème mais n’en faites pas subir les conséquences à vos enfants qui n’ont rien demandé.

3- Accompagner son enfant ne veut pas dire choisir à sa place.

Dans l’éducation positive, on décide d’accompagner son enfant pour qu’il devienne un adulte accompli. On n’impose pas ses choix, on l’aide à choisir par lui-même. On lui apprend comment faire. On l’aide à trouver qui il est et ce qu’il aime, sans le forcer à aller dans la direction que l’on aurait souhaité pour lui. Et, plus important encore, accompagner son enfant ne veut pas dire projeter ses envies non assouvies pour faire de lui celui que vous auriez aimé être.

Vous n’êtes pas contre votre enfant mais avec lui, vous êtes là pour l’aider.

4- La règle d’or : pas de violences physiques.

C’est l’une des bases de l’éducation positive. Le principe est clair : la violence ne résout rien. Elle est simplement la preuve que l’adulte a perdu le contrôle et utilise sa force physique pour être certain d’avoir le dessus. Nous lisons souvent le témoignage de personnes ayant subi des violences physiques et qui remercient leurs parents de leur en avoir données : « cela ne m’a pas tué, et j’ai appris à bien me comporter ». Comment est-il encore possible d’avoir ce genre de discours ? D’une part, quel message laisse-t-on à nos enfants en leur inculquant qu’on peut utiliser la force physique pour faire passer un message ? Ce sont les mêmes parents qui iront disputer leurs enfants parce qu’ils auront tapé un camarade à l’école… Mais, vos enfants ne feront que reproduire ! Pourquoi alors les disputer de faire quelque chose qui vous semble normal ?

Sachez qu’il n’y a pas d’échelle de violence, toute attaque physique ou morale, qui fait mal ou qui rabaisse une personne, est une violence. Se cacher derrière le mot violence en justifiant qu’une tape n’en est pas est une façon de se déculpabiliser. Les violences dégradent fortement la confiance en soi.

5-Limiter les violences éducatives ordinaires jusqu’à ce qu’elles ne fassent plus partie de votre vie.

C’est certainement un des points les plus difficiles, surtout si cela n’est pas naturel chez vous. Les objectifs : arrêter de crier et arrêter de parler négativement aux enfants. Toujours trouver le positif et revoir ses tournures de phrases. Évidemment, cela demande beaucoup de temps et de travail. Ne soyez pas trop dur avec vous-mêmes, il est impossible d’y arriver du jour au lendemain. Ne culpabilisez pas si vous avez crié, cela est humain. Mais vous pouvez rattraper les choses en discutant, la crise passée, avec votre enfant. Lui expliquer les raisons de vos cris. Vous n’êtes pas parfaits, et les enfants le savent bien. D’ailleurs, vous n’attendez pas d’eux la perfection non plus. Elle n’intéresse personne. Mais, parce que nous avons tous nos failles et nos faiblesses, il est important de pouvoir les verbaliser. Cela vous apportera un apaisement et vous permettra de vous expliquer et vous verrez que, petit à petit, votre enfant sera capable lui aussi de verbaliser quand il n’ira pas bien.

6- Être positif

«  Nous naissons tous avec le même potentiel en matière de confiance en soi. […] Puis nous recevons les commentaires de nos parents, nos nounous, nos instituteurs […]. Si par malchance, ils tendent tous dans un sens négatif, formulant des critiques, des reproches, attirant notre attention sur nos manquements, nos erreurs et nos échecs, alors le sentiment d’insuffisance et l’autocritique s’inscrivent dans nos habitudes de pensée. » Cette citation, extraite du livre Les Dieux voyagent toujours incognito de Laurent Gounelle est une très bonne illustration de l’importance d’être positif avec ses enfants. Les phrases positives n’ont pas du tout le même impact sur le cerveau que les phrases négatives.

7- Ne pas être en compétition avec son enfant.

Lorsque vous disputez votre enfant pour une raison, posez-vous la question suivante : pourquoi est-ce que je le dispute ? Est-ce une raison vraiment valable ? Mon enfant est-il en danger ? Ou est-ce parce que je suis en compétition avec lui ? Lorsque vous êtes en compétition avec votre enfant, c’est parce qu’il fait référence à l’enfant que vous étiez. C’est à ce moment là que peut se jouer une compétition entre vous. Est-ce que vous refusez quelque chose à votre enfant parce que petit on vous le refusait  et que vous estimez que votre enfant ne doit pas l’avoir non plus? L’enfant qui est en vous est-il frustré ? Parfois, même inconsciemment, il est possible que l’adulte jalouse l’enfant et son innocence. Les enfants sont plein de joie, positifs et heureux de vivre. Ils osent, ils expérimentent, ils n’ont pas toutes les barrières que nous nous mettons au fur et à mesure que nous grandissons. Alors, il est possible que vous vous fâchiez parce que vous avez perdu cette innocence et cette fraîcheur. Et si vous alliez chercher l’enfant au fond de vous, celui qui est caché, bien enfoui mais toujours présent, pour arrêter de jalouser secrètement votre enfant qui n’a pas encore été perverti par le monde des adultes ? Et si vous lui appreniez à grandir en conservant cette partie de lui plutôt que de lui apprendre très tôt à la dissimuler ?

Pour réussir son éducation positive, il est préférable d’accorder à son enfant ce que vous auriez voulu avoir étant enfant plutôt que de lui refuser parce qu’on vous le refusait également. Faites donc ressortir votre part d’enfant pour le comprendre plutôt que de vouloir le faire grandir trop rapidement en lui faisant abandonner toute la magie de l’enfance.

8- Être capable de nager à contre courant.

L’éducation positive, bien qu’un peu plus répandue aujourd’hui, est malheureusement encore largement minoritaire et très critiquée (Souvent pour des mauvaises raisons d’ailleurs). Si vous choisissez de vous lancer, il faudra que vous soyez sur de vos choix et que vous soyez capable de les défendre, ou tout du moins de supporter les critiques que vous entendrez autour de vous. Le plus difficile sera de maintenir votre position si votre famille et votre entourage ne l’acceptent pas. Les doutes peuvent apparaître, mais il est très important de pouvoir assumer ses choix et de les garder sans être influencé par les autres.

9-Arrêter de vouloir être parfait et dialoguer le plus possible.

Le plus gros problème avec l’éducation positive, c’est que tout le monde pense qu’il s’agit d’être des parents parfaits. De ne pas s’énerver, ne jamais craquer, rester calme en toutes circonstances, etc. Bien sur, c’est un but à atteindre, mais si vous avez reçu une éducation traditionnelle, il vous sera difficile de changer vos habitudes rapidement. Ne soyez pas trop exigeant avec vous-même, cela prendra du temps. Le plus important est alors de dialoguer avec vos enfants. Vous avez le droit d’être fatigué, de ne pas garder votre calme, de crier. Cela arrive. Ne culpabilisez pas, parlez à vos enfants. Dites leur votre fatigue, votre exaspération, dites leur que vos émotions ne sont pas forcément tournées contre eux mais que vous avez du mal à garder le contrôle . Petit à petit, vous arriverez à repousser vos limites de patience, vous arriverez à vous écouter et à comprendre vos propres limites et à les apprivoiser pour ne pas les diriger vers vos enfants. Donnez-vous le temps surtout, et cessez de penser à une perfection qui n’existe pas. Le plus important est de vouloir élever ses enfants dans le respect de chacun, sans cri ni violence.

10- Lâcher prise

C’est la clé pour réussir, si vous voulez vous lancer dans l’éducation positive. Cette notion est très à la mode et on la met à toutes les sauces. Mais que signifie-t-elle vraiment ? Lâcher prise veut dire qu’à un moment donné, il faut laisser couler. Se dire que ça n’est pas aussi important que vous le pensiez. Votre enfant a mangé des chips pour son goûter alors que vous avez toujours été contre cette idée et avez critiqué les parents qui laissaient faire leurs enfants ? C’est le bon moment pour tester ce fameux lâcher prise. Posez-vous la question essentielle pour y arriver : quelle conséquence cela va-t-il avoir ? Si la réponse n’a pas une importance capitale, laissez couler, vous verrez que vous vous sentirez bien mieux. Votre enfant refuse de manger un soir ? Il veut son dessert en premier ? Vous ne voulez pas céder, vous vous fâchez… posez-vous encore cette question et lâchez prise ! Cela ne voudra pas dire que votre enfant prendra l’habitude de le faire, n’ayez crainte.

Pour finir, sachez que le point essentiel de l’éducation positive repose sur vous. L’enfance de vos enfants fera forcément écho à la votre, même si c’est inconscient. Demandez-vous quel adulte vous êtes devenu, et quel enfant vous étiez. Quels sont les traits de caractère avez-vous et que vous ne souhaitez pas pour vos enfants ? L’éducation que vous avez reçue a-t-elle fait de vous quelqu’un qui manque de confiance ?

Changer de méthode d’éducation va forcément remuer des choses en vous. Il va falloir apprendre à déconstruire avant de reconstruire, et même si c’est un travail long et parfois douloureux, il en vaut la peine car non seulement il va vous permettre d’arriver à mettre en place une nouvelle façon d’élever vos enfants, plus respectueuse de chacun mais en plus il vous permettra de devenir un adulte plus épanoui. Si vous n’êtes pas vous-mêmes bien dans votre corps et votre esprit, l’éducation positive sera d’autant plus difficile à mettre en place. Qui dit adulte épanoui, dit enfant heureux !

Nous verrons donc dans ce blog comment travailler sur soi pour être dans les meilleures dispositions possibles pour commencer une éducation positive pour vos enfants.

Enfin, si vous n’êtes pas encore convaincus, dites vous bien qu’il n’est pas possible de faire du mal en voulant être respectueux.

bataille et triomphe

Education respectueuse, Etre bienveillant envers soi-même, Non classé

Le jour où j’ai arrêté…

J’ ai plus de 30 ans, et cela ne fait pas si longtemps que je me suis rendue compte de certaines choses. Depuis quelques années (ça prend du temps), je fais le point sur la personne que je suis, sur mon caractère, ma personnalité et….mon manque de confiance. Il y a des choses sur moi qui m’échappaient, des espèces de trous noirs que je n’arrivais pas à comprendre. Mais petit à petit, tout ceci s’éclaircit et je travaille pour y remédier.

Ce travail personnel m’aide évidemment pour mon propre bien -être, dans ma relation aux autres, pour mon travail, mais également en tant que mère, pour faire attention à ne pas reproduire certains comportements. C’est facile à dire, et l’on pourrait croire qu’une fois qu’on le sait ça suffit, mais il n’en est rien. Certaines choses sont profondément ancrées en nous et nous les reproduisons inconsciemment. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire, car l’on peut changer les choses, mais il faut savoir se donner du temps et ne pas vouloir être trop exigeant en voulant que tout se fasse rapidement.

Je me suis rendue compte,  bien que j’ai été une enfant très aimée, que tout ce que je faisais n’était jamais assez bien. Bien sur, mes parents étaient contents, mais jamais pleinement. Je pouvais toujours faire mieux. A l’école par exemple, je n’ai jamais été une grosse bosseuse, mais j’avais des facilités. Je comprenais ce qu’on attendait de moi, ce qui m’aidait à y répondre de façon à avoir de bonnes notes. Mais pas suffisamment. Chaque année, on me demandait de faire mieux. Toujours mieux. J’ai raté la mention au bac, de peu, alors que je n’avais quasiment pas révisé. Évidemment, j’aurais pu faire mieux. Je n’ai pas spécialement écouté, j’ai fait un peu selon mes envies (ou pas justement), mais je n’avais pas conscience que cela jouait sur la confiance en soi.

Loin de moi l’envie de blâmer mes parents aujourd’hui, cela ne servirait à rien et ne me ferait pas avancer. Mes parents ont fait ce qu’ils ont pu, avec leurs qualités et leurs défauts. Ils ont fait ce qu’ils jugeaient bon pour m’aider à grandir.

Aujourd’hui, je travaille beaucoup pour être heureuse. Et faire ce qui me rend heureuse. Je dois dire que je m’en approche, parce que je fais mes propres choix. Mes choix en accord avec moi-même, sans que ce soit pour faire plaisir aux uns ou aux autres, ou pire, en me mentant à moi-même.

Aujourd’hui, je me rends compte des remarques cassantes que je reçois toujours de la part de mes parents. Oui, à 34 ans, j’entends encore parfois que c’est bien, mais que ça pourrait être mieux. J’entends que mes choix ne sont pas les bons. Mes choix éducatifs ou bien professionnels…

Aujourd’hui, à 34 ans, et il est grand temps, j’ai décidé d’arrêter de trouver cela important. J’ai décidé d’arrêter de courir après la fierté dans les yeux de mes parents. Ma vie est pour moi, pour la famille que je me suis créée, pas pour eux.

C’est comme si, en remerciement de l’éducation reçue et des années de temps et de dépenses pour nous, nous avions des comptes à leur rendre. Comme si nos années d’enfances n’étaient pas gratuites. Comme s’ils ne nous avaient pas aidés à grandir, mais élevés pour qu’on leur rende la mise en fierté. Alors quoi? Cela veut donc dire que nous ne sommes pas libres de nos propres choix, mais que nous devons faire ce qu’il leur plaira, à eux? Et si mon choix de métier ne m’appartenait pas réellement?

Si ma prise de conscience est tardive, je vais tout faire pour éviter cette situation à mes enfants. Quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils choisissent, je serai fière d’eux. Fière de voir qu’ils auront fait leurs propres choix, des choix qui les rendent heureux, car je leur aurais donné une éducation dans ce sens.

Et vous, bien au fond, enfoui, vous sentez-vous libre des jugements de votre famille? Avez-vous une famille ouverte et compréhensive ?

comprendre l'enfant

Etre bienveillant envers soi-même

Les conflits intergénérationnels au quotidien

Cette année, au bac de philo en filière S, le sujet était « peut-on se libérer de sa culture ? ». Loin de moi l’idée de vous répondre à cette question avec une dissertation, j’ai même plutôt envie de vous en poser une autre : peut-on se libérer de son éducation ? Ou encore, « a-t-on vraiment la liberté d’éduquer nos enfants comme nous l’entendons » ?

Je me pose aujourd’hui très sérieusement ces questions parce que j’ai l’impression que notre liberté est quelque peu biaisée. Que nous sommes voués à défendre corps et âme nos choix sans jamais vraiment être entendus, reconnus ou acceptés. Pire, en étant jugés, dénigrés et même moqués.

Il n’y a généralement aucun problème quand on reproduit ce que l’on a vécu. Aucune question à se poser, les choses se font simplement et nous avons alors l’impression d’avancer sur le bon chemin puisque les générations qui nous précèdent vont dans le même sens. Mais lorsqu’on s’en écarte, ou qu’on prend une route différente voire contraire, qu’en est-il ?

Je suis sûre que vous avez déjà vécu cette situation de conflit familial avec les « de mon temps ça ne se passait pas comme ça », « avant c’était quand même mieux », « il y avait plus de respect », « tu vas en faire un capricieux », et mille autres phrases de ce genre ou encore, ce que j’aime appeler, les « yaka faukon ». (Mais si, vous connaissez sûrement : « il faudrait que tu ailles le coucher là, il est fatigué », «  et si tu n’y allais pas toutes les cinq minutes aussi, laisse le un peu pleurer tu verras »…)

Vous avez beau expliquer mille fois vos choix éducatifs, vous avez toujours droit à ces fameuses phrases, comme si soudainement vous alliez changer d’avis.

Les dîners en famille deviennent vite un calvaire fait de reproches et d’incompréhension. Nos parents se sentent-ils jugés de l’éducation qu’ils nous ont donné ? Très certainement. Si nous avons choisi de faire différemment, ou à l’opposé, c’est bien que leurs méthodes ne nous plaisent pas. Ils se sentent à leur tour jugés, même si pour nous ça n’est pas le cas.

Parfois, les tensions familiales sont tellement intenses que la seule solution est de couper les ponts ou d’espacer les visites. On prend garde à ne pas trop parler des sujets qui fâchent, à mettre son poing dans sa poche, et à ne surtout pas vouloir convaincre la partie adverse. Mais les relations familiales en sont souvent dégradées. Pourtant, nos parents ont été parents aussi avant de devenir grands-parents, et ont parfois été eux mêmes en conflits avec leurs propres parents. L’ont-ils trop vite oublié ? Pensent-ils que, finalement, c’est un passage obligé, comme l’adolescence ?

Et ce n’est que la partie familiale….. n’avez-vous jamais connu cette situation dans votre milieu professionnel ? Moi si.

Ainsi, je me suis laissée entendre, une fois, que je n’avais pas le droit de me plaindre de ma fatigue, car je faisais le choix de ne pas laisser pleurer mon enfant la nuit. Et comme c’était un choix volontaire, il fallait que je prenne ma fatigue sur moi, sans avoir le droit de m’apitoyer. J’avais la possibilité de ne pas être fatiguée, en choisissant un autre mode éducatif pour mon enfant. Le plus important étant, apparemment, d’être en forme et efficace au travail. Quel beau discours culpabilisant et moralisateur ! Si mon choix était contre celui de mes collègues, alors il me fallait le taire car je ne voulais pas entendre la « bonne solution » qu’ils détenaient.

Faut-il alors ne plus parler de ses choix, de ses envies de faire différemment ? Est-il impossible de partager des expériences entre deux générations différentes ?

Avez- vous remarqué à quel point les personnes qui nous jugent pour nos choix différents semblent sûres d’elles, parce que l’éducation de leurs enfants est faite ? Nous ne jouons pas à égalité, car celle que nous donnons est en cours, et qu’il n’est pas possible de prouver tout de suite le résultat de cette éducation. Alors qu’eux peuvent le faire. En surface. Parce que si l’on creuse, chose qu’ils ne veulent pas qu’on fasse, nous pourrions en trouver, des problèmes. Des problèmes de manque de confiance, de peurs, d’angoisses… des problèmes que nous cherchons à éviter pour la génération future, celle que nous éduquons aujourd’hui.

La partie éducative n’est qu’une petite goutte d’eau des problèmes intergénérationnels malheureusement, car ils sont également nombreux dans le domaine professionnel, et pour être plus précis, dans la manière d’exercer une profession. Ce qui m’attriste le plus est de constater que ma génération commence déjà à critiquer celle qui arrive tout juste dans le monde du travail, sans essayer de chercher à comprendre.

Ne pourrait-on pas arrêter tout cela ? Ne pourrait-on pas laisser les gens être libres sans vouloir constamment penser qu’on détient la meilleure façon de faire ?

Je crois pourtant que la solution existe et qu’elle s’appelle OUVERTURE D’ESPRIT.

J’espère qu’un jour je serai moi aussi grand-mère, et que j’aurai alors gardé mon ouverture d’esprit que je m’efforce de travailler.

Et puis, on peut sans doute garder dans un coin de notre tête, cette petite phrase : « il n’y a que les cons qui ne changent pas d’avis ».

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