Education respectueuse, Etre bienveillant envers soi-même, Etre en paix avec soi-même

Pourquoi l’éducation bienveillante ne suffit pas (1)

S’il y a bien une chose dont vous êtes sur, c’est de vouloir pratiquer l’éducation bienveillante dans votre foyer. Vous avez lu plusieurs livres, vous avez bien compris le concept et vous avez utilisez toute votre patience pour appliquer ce en quoi vous croyez profondément. Et pourtant, si tout ce que vous avez lu vous semble logique et pertinent, vous n’obtenez pas le résultat que vous attendiez. Alors, vous vous efforcez de continuer tout en ne comprenant pas ce qui cloche. Vous doutez de vous, de vos capacités. Résultat : vous vous sentez nul.le.

En vérité, et je ne vais rien vous apprendre, vous n’êtes pas nul.le. Et je ne vais pas non plus révolutionner l’histoire en vous disant que les recettes miracles, ça n’existe pas. Etre parent, si ce n’est pas un métier car on n’est pas rémunéré pour, c’est au moins un apprentissage. On pourrait aisément croire que c’est inné, mais je pense vraiment que c’est faux. On apprend à être parent au fur et à mesure, on devient parent grâce à nos enfants. Mais, comme pour tout apprentissage,nous avons besoin d’aide. On apprend par mimétisme (de ce que l’on a nous-mêmes vécu étant enfant), en écoutant des conseils (de grands-parents, de professionnels de la petite enfance) ou en lisant.

Il ne faut pas se voiler la face, la plupart du temps nous ne faisons que reproduire ce que nous avons vécu quand nous étions enfants. Or, si nous souhaitons justement éduquer nos enfants en choisissant un autre mode éducatif, lire des livres sur le modèle choisi ne sera pas suffisant. Nous aurons beau nous y jeter corps et âme, cela n’aura rien de miraculeux. Evidemment, se renseigner sur les valeurs que nous souhaitons transmettre, sur la façon dont fonctionne le cerveau des enfants ou encore de quelle manière il est possible d’éduquer respectueusement son enfant est une étape nécessaire si ce n’est fondamentale pour y arriver. Mais malheureusement, cela ne suffit pas.

S’aimer soi-même, la première étape indispensable.

Ma page facebook a rencontré un beau succès quand j’ai commencé mes panneaux sur l’éducation positive. En y mettant des informations courtes mais claires sur le développement de l’enfant ou sur les valeurs portées par ce mode éducatif, beaucoup de personnes ont trouvé cela très utile. Et tant mieux! Car ces panneaux étaient justement faits pour cela! Et puis, en septembre dernier, j’ai commencé à parler de développement personnel en informant sur l’Enfant Intérieur et l’importance de se reconnecter à lui. Certaines personnes m’ont confié ne plus trop se reconnaître dans ce que je proposais à travers ma page. Et pourtant!

Pourtant c’est, à mes yeux, un élément primordial pour réussir une éducation respectueuse!

Dans notre personnalité se trouvent deux personnes. L’Enfant intérieur, toujours présent malgré le fait que nous soyons adulte, et l’Adulte intérieur.  L’Enfant, c’est notre partie sensible, vulnérable, celle qui est régie par les émotions. C’est souvent aussi notre intuition, notre instinct. Cette partie correspond plutôt à notre cerveau droit, qui pré-existe au début de la vie. L’Adulte, c’est celui qui pense et qui agit. Il choisit et décide, et correspond plutôt au cerveau gauche,  qui comporte le savoir et l’expérience.

Note Enfant Intérieur est façonné par la manière dont nous avons été éduqué. Le problème, c’est que lorsque nous n’avons pas pu vivre un attachement suffisant avec nos parents, nous n’avons pas appris à nous attacher à nous-mêmes, c’est à dire à l’enfant en nous. Nous nous sommes construits sur le modèle de nos parents et la relation que nous entretenons avec nous-mêmes est calquée sur celle qu’ils avaient avec eux-mêmes et avec nous. La plupart d’entre nous a eu des parents qui ont essayé de faire de leur mieux, de nous aimer comme ils le pouvaient. S’ils n’ont pas su toujours nous traiter avec amour, c’est uniquement parce qu’ils ne s’aimaient pas eux-mêmes et c’est cela que nous, leurs enfants, avons reproduit. Il est donc nécessaire de couper cette boucle si nous ne voulons pas que nos enfants, à leur tour, reproduisent ce schéma.

La plupart des gens se coupe de leur enfant intérieur. Ils ne veulent pas l’écouter et préfèrent ainsi se couper de leurs émotions. Or, comment peut-on arriver à écouter les émotions de nos enfants et leur apprendre à vivre avec si nous-mêmes nous n’avons pas réussi à nous reconnecter avec les nôtres?

Il est plus facile de se couper de son Enfant intérieur que de l’écouter, car il enferme souvent des douleurs liées à l’enfance. L’enfant a été brimé, rabaissé, se sent nul et pas capable. Il est donc presque naturel de l’abandonner en espérant qu’il enfouisse avec lui toutes les blessures que nous ne souhaitons pas revivre et faire remonter à la surface. Pourtant,  chaque situation que nous vivons avec nos enfants vient toquer à la porte des souvenirs de notre enfance. Mais comme nous refusons qu’ils reviennent, nous nous mettons en colère.

Le risque est que notre enfant se retrouve en conflit avec notre Enfant intérieur qui n’a pas été comblé. Cela crée des situations de tensions dans lesquelles on crie souvent sur nos enfants, simplement parce que notre Enfant intérieur n’est pas au clair avec ce qu’il se passe.

L’intérêt est donc double : Nous reconnecter avec notre Enfant intérieur pour pouvoir nous connecter correctement avec nos enfants. Il serait bien trop dur de vouloir proposer une éducation à nos enfants quand notre propre Enfant est encore blessé de la sienne. Il faut donc prendre le temps de rassurer notre Enfant Intérieur avant de réussir à le faire avec les nôtres!

Si vous êtes arrivés jusque là dans la lecture de cet article, je vous félicite! Je vous propose de vous expliquer dans un prochain article comment arriver à identifier votre Enfant Intérieur (qui se manifeste souvent même si vous ne le pensez pas) et comment arriver à rétablir la situation d’équilibre entre cet Enfant et votre Adulte. Je reviendrai également sur deux autres éléments indispensables à la réussite de l’éducation respectueuse et dont je n’ai pas encore parlé.

En attendant, si vous souhaitez en apprendre un peu plus sur votre Enfant Intérieur, je vous invite à regarder mes petits panneaux violets sur ma page facebook ou mon compte instagram parents_epanouis.

page facebook : https://www.facebook.com/parentsepanouisenfantsheureux

instagram : https://www.instagram.com/parents_epanouis/

Education respectueuse, Mes astuces de parent

astuce n°7 : un temps dédié avec son enfant en parcourant le livre « 50 activités pour aider votre enfant à grandir heureux »

Voilà un moment déjà que vous m’avez demandée un retour sur ce livre, alors le voici!

Tout d’abord, sachez que pour réussir une éducation positive, il est très important que l’emploi du temps familial soit é-qui-li-bré! J’en parlais déjà ici à travers le livre de Mathilde Lacombe, mais c’est une notion vraiment importante (Je reviendrai bientôt dessus pour en parler un peu plus).

Du coup, il est nécessaire d’avoir des temps dédiés à chaque personne. Des temps dédiés avec chacun de vos enfants, avec votre conjoint, mais aussi rien que pour vous! Vous allez vous dire que vous n’aurez jamais de temps, mais en fait si, car ça peut être de tous petits temps!

En tout cas, dans le temps dédié à votre enfant, vous pouvez utiliser le livre « 50 activités pour aider votre enfant à grandir heureux » d’Elisabeth Couzon et Angeline Desprez, aux éditions Eyrolles et dans la collection « apprendre autrement ».

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Comment fonctionne le livre?

C’est, à mon sens, un livre fabuleux à découvrir avec son enfant.  Il est découpé en six étapes :

1- Prends soin de toi et de ton corps

2- Apprends à t’aimer

3- Accueille tes émotions

4- Affirme-toi et apprends à communiquer dans le respect

5- Profite de l’instant présent

6- Apprends à vivre avec les autres dans la bienveillance, l’altruisme et la gratitude

Quel beau programme, n’est ce pas?

Chaque étape possède une dizaines d’activités à faire.  Chaque activité est présentée suivant le même modèle : en haut de la page, en rouge, l’objectif pédagogique est expliqué aux parents. L’activité est ensuite exposée à l’enfant. Enfin, toujours sur un fond bleu, l’activité à réaliser est proposée.

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Quel sont les objectifs?

Un enfant heureux est un enfant dont on a satisfait les besoins. Or, nous avons rarement conscience de tous nos besoins, et lorsqu’ils ne sont pas comblés, c’est le stress et les émotions négatives qui prennent le dessus. A travers ce livre, l’enfant prendra conscience de ses besoins et de la manière de les combler. Les besoins de base sont :

Les besoins physiologiques : boire, manger, dormir

Les besoins de sécurité et de protection

Les besoins affectifs : aimer, être aimé, avoir des amis, appartenir à un groupe

Les besoins d’estime de soi et de réalisation de soi

Lorsque tous ces besoins sont comblés, alors l’enfant peut grandir sainement et en confiance. Il est essentiel que nous soyons au clair, en tant qu’adulte, sur ces différents besoins. Le livre propose alors une petite mise au point pour savoir où nous en sommes au niveau de l’éducation positive que nous souhaitons apporter à nos enfants.

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La mise en pratique des activités proposées permet de développer plusieurs compétences: se connaître soi-même, avoir confiance en soi, savoir gérer ses émotions et contrôler son stress, développer un raisonnement créatif, prendre des décisions et résoudre un problème, se fixer des buts à atteindre, s’observer et s’évaluer.

Évidemment, il ne faut pas prendre ce livre comme une solution miracle à tous vos problèmes, mais comme tout ce qui concerne l’éducation positive, c’est un travail sur le long terme. Prendre conscience de tous ces éléments va forcément changer et faire évoluer vos enfants en les rendant plus confiants et empathiques.

Ça vous tente?

Voici quelques photos pour que vous puissiez voir le genre d’activités qui sont proposées.

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(désolée pour la qualité des photos, il va vraiment falloir que je fasse un progrès la dessus 😉 )

Vous en pensez quoi? Moi je suis vraiment conquise! (pas de mes photos, du livre!)

Education respectueuse

Stop à la pression autour de la parentalité!

Il y a quelques temps, j’ai écrit un article sur les 10 points clés qui me semblaient essentiels de connaître sur la parentalité positive (ou la bienveillance, mais ce terme un peut trop vague est vite devenu fourre-tout). Si vous ne l’avez pas lu, vous pouvez le retrouver ici .

Sur internet, entre ceux qui prônent la parentalité positive et ceux qui n’en peuvent plus d’entendre parler de ça, la guerre fait rage. De nombreux articles de mamans sortent dans tous les sens, pour qu’on arrête  de  les culpabiliser  en leur demandant d’être parfaites. Il y a également de plus en plus de témoignages de burn-out maternels, ceux-ci étant plus ou moins mis en cause par une tentative d’éducation positive ratée, par une trop grosse pression liée  à une volonté d’être un parent parfait.

Sur ce blog, j’insiste sur la nécessité d’être un parent épanoui, pas un parent parfait (tout simplement parce qu’il n’existe pas) et je crois que même si la différence est énorme, beaucoup de personnes ne la perçoivent pas.

Aujourd’hui, j’abonde dans le sens de ces mères qui disent stop. Stop à la pression parentale, stop à la course aux parents qui auront raison. Sauf qu’en fait, pour moi, c’est un faux débat. Car les personnes qui parlent de parentalité positive, si elles parlent bien de ce qu’est cette parentalité et pas du fourre-tout dont certains se sont emparés, ne culpabilisent pas les autres parents. En revanche, les parents s’adressant à ceux qui pratiquent la parentalité positive, eux, tentent de les culpabiliser en les accusant de leur mettre la pression. Ces parents veulent être libres, libres de leur choix éducatif. C’est une très belle idée, en soi, mais elle me pose questions :

  • Sous couvert de la liberté, a-t-on le droit d’élever ses enfants comme on le souhaite, même dans la violence? ( Ceux qui disent qu’une claque n’a jamais tué personne, ont donc la liberté de frapper leurs enfants, parce que c’est leur choix?)
  • ces parents, sont-ils vraiment libres de choisir leur éducation? Ne sont-ils pas prisonniers de l’éducation qu’ils ont eux-mêmes reçus de leurs parents?
  • Les parents pensent ils être vraiment libres d’éduquer leurs enfants comme ils l’entendent, sans se sentir visés par la société?

Ce que j’entends par là, c’est que la bataille qui se trame aujourd’hui entre l’éducation dite positive et les parents contre ce mode de pensée, est une fausse bataille. La vraie pression exercée sur la parentalité ne vient pas de l’éducation positive, mais de la société et des générations antérieures. Il n’est pas possible de dire le contraire. Chacun parmi vous a déjà du avoir des réflexions de la part de sa famille sur sa façon de faire ou a déjà senti sur lui et ses enfants le regard des autres lors d’une sortie en famille. Cette pression familiale est insupportable. Elle résulte d’un conflit générationnel (j’en parle ici) pour lequel les anciens se posent en situation de savoir absolu (tiens, ça me rappelle l’école) en considérant que tout ce qui est nouveau est un effet de mode ridicule. ( C’est vrai que vu comme ça on comprend mieux pourquoi l’humanité avance si doucement ). Si votre enfant se met à hurler dans une salle d’attente ou dans un magasin, qu’allez-vous faire? Ne pensez-vous pas au regard des autres et au jugement qu’ils portent sur vous à ce moment là? Ne pensez-vous pas qu’il est important d’installer votre autorité à cet instant pour prouver que votre éducation est « bonne »? Vous sentez-vous libre de faire ce que vous souhaitez? Il me semble que la vraie liberté éducative est là. Savoir ce qui est bon pour son enfant, sans céder à la pression extérieure, quelle qu’elle soit. Choisir la bonne réponse pour son enfant, parce qu’on le connaît, et pas la réponse que les adultes autour attendent.

Le gros problème, avec l’éducation positive, c’est qu’elle demande une grosse remise en question de sa propre éducation et que beaucoup de personnes ne souhaitent pas le faire. Il devient donc impossible d’installer un nouveau mode éducatif mixé avec des éléments ancrés profondément en nous et complètement inconscients. C’est comme cela que l’enfant que vous étiez peut se retrouver en compétition avec votre enfant. C’est comme cela que les choses ne collent pas naturellement, que tout est forcé, et que, comme on le dit si bien, le naturel revient au galop.

L’éducation positive n’a jamais été d’être un parent parfait, et d’oublier que nous sommes des humains avec notre ennemi principal qui nous colle à la peau : la fatigue. Sans apprendre à la gérer, à l’apprivoiser, à se connaître correctement, à savoir qui l’on est et d’où l’on vient, il est impossible de mener une éducation positive. C’est une erreur que je vois le plus souvent : pour moi, l’éducation positive n’est pas placée du point de vue de l’enfant, mais du parent. Bien sur, l’objectif est d’élever son enfant d’une certaine manière, mais comment être bienveillant et positif avec quelqu’un si vous ne l’êtes pas d’abord envers vous-même?

Ce sera donc le thème d’un de mes prochains articles : Comment devenir un parent bienveillant.

à très vite!

Valentine

2016_06_10 Bienveillance