éducation bienveillante, Et pour les parents alors?, la bienveillance....pour soi-même

Pourquoi votre bien-être passe avant celui de votre famille et comment y parvenir.

Il y a quelques temps, je vous ai partagé ce panneau :

paix intérieure

En effet, comment arriver à rester calme et serein lorsque vous vivez une tempête émotionnelle? C’est quasiment impossible. Alors, évidemment, on comprend mieux pourquoi tant de personnes se retrouvent en burn out avec cette impression qu’on leur en demande toujours plus, qu’on exige d’elles qu’elles soient parfaites. Mais vous savez-quoi? Bonne nouvelle! Ça n’est pas du tout le cas!

Il est vrai que lorsque l’on se renseigne sur l’éducation positive, on apprend énormément sur l’enfant, son cerveau et la façon dont il fonctionne. C’est une grande aide pour nous, adultes, pour arriver à les comprendre et à ajuster notre façon d’être avec eux. Mais ce qui manque, c’est de parler de notre bien être à nous! En effet, vous aurez beau tout savoir sur la façon dont votre enfant fonctionne, si vous avez passé une mauvaise journée ou que vous avez très mal dormi, il sera difficile de faire face calmement lors de situations désagréables!

Du coup, on lit de plus en plus de coups « de gueule » de mamans en colère. « On fait comme on peut, disent-elles, cessez de nous mettre la pression  et de nous infliger des visions de mères parfaites en nous jugeant! » Or, l’éducation positive (ou la psychologie positive) ne demande pas la perfection, car elle n’existe pas. Elle ne juge pas, non plus. Tout ce qu’elle enseigne, c’est d’être heureux et apaisé ensemble sans que personne ne soit lésé. Ainsi, tout est une question d’équilibre. Si vous élevez vos enfants en oubliant de prendre en compte leurs besoins, ils ne grandiront pas dans l’épanouissement, mais si, à l’inverse, vous en oubliez vos propres besoins, l’équilibre sera également remis en cause et la conséquence peut être un burn out.

On fait comment alors?

On prend soin de soi! Je pense que c’est vraiment la clé pour pouvoir être bien avec les autres. Vous allez me dire que ce n’est pas facile de prendre soin de soi quand on a un emploi du temps chargé, quand on a des enfants dont il faut s’occuper et une maison à tenir. Et je ne peux qu’être d’accord avec vous. C’est pourquoi je vais vous proposer deux solutions pour essayer de vous sentir mieux au quotidien.

La première solution, c’est de vous faire passer avant les autres. Si à un moment donné, vous êtes au bout du rouleau et que vous ne vous sentez pas en capacité de faire quelque chose (le repas du soir, les devoirs des enfants, etc), vous pouvez le dire et déléguer. Il n’y a pas de raison que les personnes autour de vous ne le comprennent pas. Vous avez le droit de parler de vos besoins et qu’ils soient entendus. Il est tout à fait possible de dire à vos enfants que vous avez besoin de 10 minutes pour vous! A partir du moment où les besoins de chacun sont entendus et respectés, tout est ok! N’oubliez surtout pas qu’il s’agit vraiment d’une question d’équilibre, et que tout ce qui est valable pour vos enfants est également valable pour vous (et même au sein de votre couple)!

La seconde solution, plus difficile de prime abord, mais qui vous sera utile tout le temps et dans toutes les situations, est de changer de regard. Je m’explique: vous savez certainement que l’on a une espèce de « capital bonheur » qui se vide plus ou moins en fonction de ce qu’il se passe dans la journée. Si vous ne voyez pas du tout de quoi je parle, je vous invite à aller lire mon article sur le sujet ici. Le problème, c’est que ce capital « bonheur » (ou bien être, peu importe comment vous l’appelez) est dépendant de ce qu’il se passe autour de vous. Il se vide lorsque quelqu’un vous fait une remarque désagréable, lorsque votre enfant fait une « bêtise » ou pour toute autre situation qui vous énerve. Ce qui veut dire que votre bien être et donc votre capacité à rester calme et bienveillant avec vos enfants, dépend des autres. Ce n’est pas très pratique, n’est ce pas?

La solution ne serait -elle pas de se dégager de cette dépendance et d’être vous-même la seule personne capable de décider de la manière dont votre capital bonheur se vide ou se remplit? C’est tout à fait possible, et pour cela, il suffit de changer de regard. Par exemple, si votre enfant ne s’endort pas le soir, vous allez facilement vous énerver. Vous imaginez votre réservoir finir de se vider entièrement, après une journée déjà fatigante. Vous aviez tellement besoin de cette soirée pour vous, pour vous ressourcer! Mais si vous changiez de regard sur la situation? Et si vous n’y voyiez pas que du négatif avec votre soirée perdue, mais une autre façon de passer votre soirée,en passant un temps calme avec votre enfant cette fois-ci? Ce lâcher prise vous permettra de conserver votre capital bien être et de ne pas vous énerver. Il est possible de le faire avec bon nombre de situations. C’est un vrai travail à faire pour accepter de voir les choses différemment, mais ce travail vous permettra de vivre beaucoup plus sereinement! Pour faire plus simple, il suffit de trouver le positif dans chaque situation au lieu d’y voir du négatif. C’est ce qu’on essaye de transmettre à nos enfants en leurs expliquant qu’un échec n’en est pas vraiment un, qu’il faut plutôt le voir comme une expérience enrichissante! Et si vous aussi, vous arriviez à transformer vos difficultés en expériences d’apprentissage parental? 😉

b2210e781dfa59666c8b4bc32cd39e50

éducation bienveillante

Et si crier sur nos enfants les paralysait?

Il y a quelques temps, j’ai acheté le hors série du magazine psychologie positive, dont le thème était l’éducation positive.

Je suis tombée sur un article très intéressant d’Isabelle Filliozat concernant l’iinhibition de l’action. Si ce nom ne vous dit rien, c’est plutôt normal, car on en parle peu. Personnellement, je n’en avais même jamais entendu parler avant de lire l’article.

Pour illustre son propos, madame Filliozat commence par nous parler d’une vidéo d’un chat dont le propriétaire l’avait harnaché pour l’emmener se promener. Le chat s’est effondré, et son  maître l’a redressé à plusieurs reprises pour l’inciter à le suivre. Seulement, le chat, tout mou, tombe et retombe au fur et à mesure que son maître le relève. Dans la vidéo, les personnes présentes face au chat rient de le voir dans cet état, pensant que le chat est trop fainéant et refuse de sortir. Les commentaires sous la vidéo vont dans le même sens : le chat fait la comédie pour ne pas sortir.

Or, tout ceci est une interprétation. En réalité, nous explique Isabelle Filliozat, le chat est victime d’un réflexe. En situation de stress, si le chat ne peut ni fuir ni attaquer, il fait le mort. C’est ce que Henri Laborit, médecin chirurgien et neurobiologiste a appelé l’inhibition de l’action. Il s’agit d’un processus neuromusculaire qui est déclenché par l’amygdale et complètement involontaire. L’animal est comme paralysé et ne répond plus aux stimuli externe.

Je ne sais pas si cela vous ai déjà arrivé, mais pour moi cela fait écho au chien que j’ai eu il y a des années de cela, et lorsque j’avais voulu lui apprendre à marcher en laisse, celui ci se laissait tomber et se couchait sur le dos, si bien que je devais le traîner ou le porter. En sachant ça, je me dis que j’ai été une bien méchante maîtresse à cette époque!

Pour en revenir à ce réflexe, ce qui nous intéresse, c’est bien sur de savoir ce qu’il en est pour les enfants. Car, c’est à peu près la même chose pour eux. En effet, si vous criez sur votre enfant pour qu’il se dépêche, vous allez peut être le voir ralentir ou bien même se mettre à jouer comme s’il n’avait rien entendu. Cela est très énervant, et généralement fait crier de plus belle, jusqu’à ce que les choses dégénèrent.

Pourtant, l’enfant ne fait pas plus de comédie que le chat sur la vidéo. Il ne fait donc pas exprès pour vous énerver, mais parce que vos cris ou votre colère lui ont procuré du stress et déclenché une réaction naturelle mais involontaire.

Comment ça se traduit pour lui, concrètement?

En situation de stress, l’enfant va ressentir une baisse de tonus musculaire et du rythme cardiaque et une augmentation de l’anxiété, qu’il va essayer d’enrayer en jouant ou bien en souriant. Si votre enfant sourit lorsque vous le disputez, ce n’est pas du tout pour se moquer de vous, mais parce qu’il essaye de combattre le stress qu’il ressent!

Généralement, après cette phase « molle » , l’enfant réagit par deux moyens : la fuite ou l’attaque. Sachant que dans la plupart des cas c’est l’attaque qui prime parce que plus souvent choisie par le cerveau! Et du coup, c’est la crise assurée!

Pour éviter tout cela, essayez de trouver d’autres stratagèmes pour que votre enfant fasse un peu pus rapidement ce que vous lui demandez 😉

crier

éducation bienveillante

Stop à la pression autour de la parentalité!

Il y a quelques temps, j’ai écrit un article sur les 10 points clés qui me semblaient essentiels de connaître sur la parentalité positive (ou la bienveillance, mais ce terme un peut trop vague est vite devenu fourre-tout). Si vous ne l’avez pas lu, vous pouvez le retrouver ici .

Sur internet, entre ceux qui prônent la parentalité positive et ceux qui n’en peuvent plus d’entendre parler de ça, la guerre fait rage. De nombreux articles de mamans sortent dans tous les sens, pour qu’on arrête  de  les culpabiliser  en leur demandant d’être parfaites. Il y a également de plus en plus de témoignages de burn-out maternels, ceux-ci étant plus ou moins mis en cause par une tentative d’éducation positive ratée, par une trop grosse pression liée  à une volonté d’être un parent parfait.

Sur ce blog, j’insiste sur la nécessité d’être un parent épanoui, pas un parent parfait (tout simplement parce qu’il n’existe pas) et je crois que même si la différence est énorme, beaucoup de personnes ne la perçoivent pas.

Aujourd’hui, j’abonde dans le sens de ces mères qui disent stop. Stop à la pression parentale, stop à la course aux parents qui auront raison. Sauf qu’en fait, pour moi, c’est un faux débat. Car les personnes qui parlent de parentalité positive, si elles parlent bien de ce qu’est cette parentalité et pas du fourre-tout dont certains se sont emparés, ne culpabilisent pas les autres parents. En revanche, les parents s’adressant à ceux qui pratiquent la parentalité positive, eux, tentent de les culpabiliser en les accusant de leur mettre la pression. Ces parents veulent être libres, libres de leur choix éducatif. C’est une très belle idée, en soi, mais elle me pose questions :

  • Sous couvert de la liberté, a-t-on le droit d’élever ses enfants comme on le souhaite, même dans la violence? ( Ceux qui disent qu’une claque n’a jamais tué personne, ont donc la liberté de frapper leurs enfants, parce que c’est leur choix?)
  • ces parents, sont-ils vraiment libres de choisir leur éducation? Ne sont-ils pas prisonniers de l’éducation qu’ils ont eux-mêmes reçus de leurs parents?
  • Les parents pensent ils être vraiment libres d’éduquer leurs enfants comme ils l’entendent, sans se sentir visés par la société?

Ce que j’entends par là, c’est que la bataille qui se trame aujourd’hui entre l’éducation dite positive et les parents contre ce mode de pensée, est une fausse bataille. La vraie pression exercée sur la parentalité ne vient pas de l’éducation positive, mais de la société et des générations antérieures. Il n’est pas possible de dire le contraire. Chacun parmi vous a déjà du avoir des réflexions de la part de sa famille sur sa façon de faire ou a déjà senti sur lui et ses enfants le regard des autres lors d’une sortie en famille. Cette pression familiale est insupportable. Elle résulte d’un conflit générationnel (j’en parle ici) pour lequel les anciens se posent en situation de savoir absolu (tiens, ça me rappelle l’école) en considérant que tout ce qui est nouveau est un effet de mode ridicule. ( C’est vrai que vu comme ça on comprend mieux pourquoi l’humanité avance si doucement ). Si votre enfant se met à hurler dans une salle d’attente ou dans un magasin, qu’allez-vous faire? Ne pensez-vous pas au regard des autres et au jugement qu’ils portent sur vous à ce moment là? Ne pensez-vous pas qu’il est important d’installer votre autorité à cet instant pour prouver que votre éducation est « bonne »? Vous sentez-vous libre de faire ce que vous souhaitez? Il me semble que la vraie liberté éducative est là. Savoir ce qui est bon pour son enfant, sans céder à la pression extérieure, quelle qu’elle soit. Choisir la bonne réponse pour son enfant, parce qu’on le connaît, et pas la réponse que les adultes autour attendent.

Le gros problème, avec l’éducation positive, c’est qu’elle demande une grosse remise en question de sa propre éducation et que beaucoup de personnes ne souhaitent pas le faire. Il devient donc impossible d’installer un nouveau mode éducatif mixé avec des éléments ancrés profondément en nous et complètement inconscients. C’est comme cela que l’enfant que vous étiez peut se retrouver en compétition avec votre enfant. C’est comme cela que les choses ne collent pas naturellement, que tout est forcé, et que, comme on le dit si bien, le naturel revient au galop.

L’éducation positive n’a jamais été d’être un parent parfait, et d’oublier que nous sommes des humains avec notre ennemi principal qui nous colle à la peau : la fatigue. Sans apprendre à la gérer, à l’apprivoiser, à se connaître correctement, à savoir qui l’on est et d’où l’on vient, il est impossible de mener une éducation positive. C’est une erreur que je vois le plus souvent : pour moi, l’éducation positive n’est pas placée du point de vue de l’enfant, mais du parent. Bien sur, l’objectif est d’élever son enfant d’une certaine manière, mais comment être bienveillant et positif avec quelqu’un si vous ne l’êtes pas d’abord envers vous-même?

Ce sera donc le thème d’un de mes prochains articles : Comment devenir un parent bienveillant.

à très vite!

Valentine

2016_06_10 Bienveillance

éducation bienveillante, la bienveillance....pour soi-même, Non classé

10 points clés à connaître sur l’éducation positive.

Récemment je me suis tenue un peu à l’écart des réseaux sociaux pour profiter de mes vacances. J’ai donc lu en diagonale les sujets qui revenaient souvent. Visiblement, il y a eu remise en question de l’éducation positive et beaucoup d’articles sont sortis pour déculpabiliser les parents. Je ne suis pas sure que cette remise en question soit nécessaire, tout simplement parce que je pense que de nombreuses personnes n’ont pas compris ce qu’était l’éducation positive. Pour y voir plus clair, je vous propose 10 points clés à savoir sur cette pratique.

1- Positif ne veut pas dire laxisme.

C’est une des plus grosses confusions de l’éducation positive. Les conséquences, dans l’esprit des gens, ce sont des enfants rois. Or, peu importe la méthode choisie pour élever ses enfants, on le sait tous, il faut un cadre et des limites. Il est impossible de dire oui à tout et de laisser faire tout et n’importe quoi. Un enfant se structure correctement avec un cadre bien défini et cela le rassure. C’est d’ailleurs pour cela qu’il cherche sans cesse où se situent les limites. S’il n’en a pas, il se sent perdu. L’adulte est garant de la sécurité des enfants et ne peut donc pas laisser l’enfant choisir lui même ses limites. L’éducation positive consiste à élever son enfant dans le respect de celui-ci, de l’accompagner sans imposer. Le parent est donc présent pour que cet accompagnement se fasse tout en apprenant les règles de vie en société. Ainsi, l’enfant ne va pas apprendre qu’il ne doit pas franchir une limite par peur de la sanction, mais parce qu’il va comprendre pourquoi cette règle est importante (et quelles conséquences elle peut avoir). Cela ne fera pas de lui un enfant roi mais un enfant réfléchi, qui comprend ce qu’il fait et pourquoi il le fait ou ne le fait pas.

2- Différencier autorité et autoritarisme.

Traumatisés lorsqu’ils étaient petits parce qu’ils devaient se taire uniquement parce qu’ils étaient des enfants, bon nombres de parents tombent dans le même travers. Enfin, ils pourront dire à leurs enfants que « c’est comme ça, parce qu’ils l’ont dit et que ce sont eux les adultes ». Cela s’appelle de l’autoritarisme. Un abus de pouvoir, si vous préférez. L’adulte a plus d’expérience, mais ne doit pas s’en servir contre son enfant en le dévalorisant. Il n’y a aucune raison valable pour que la parole d’un adulte soit plus importante que celle d’un enfant. L’adulte, qui fait office d’autorité, peut expliquer à l’enfant les raisons de son exigence, sans faire preuve d’autoritarisme. Si vous avez un problème avec l’autorité (peut-être un chef qui fait de l’autoritarisme sur vous), travaillez sur le problème mais n’en faites pas subir les conséquences à vos enfants qui n’ont rien demandé.

3- Accompagner son enfant ne veut pas dire choisir à sa place.

Dans l’éducation positive, on décide d’accompagner son enfant pour qu’il devienne un adulte accompli. On n’impose pas ses choix, on l’aide à choisir par lui-même. On lui apprend comment faire. On l’aide à trouver qui il est et ce qu’il aime, sans le forcer à aller dans la direction que l’on aurait souhaité pour lui. Et, plus important encore, accompagner son enfant ne veut pas dire projeter ses envies non assouvies pour faire de lui celui que vous auriez aimé être.

Vous n’êtes pas contre votre enfant mais avec lui, vous êtes là pour l’aider.

4- La règle d’or : pas de violences physiques.

C’est l’une des bases de l’éducation positive. Le principe est clair : la violence ne résout rien. Elle est simplement la preuve que l’adulte a perdu le contrôle et utilise sa force physique pour être certain d’avoir le dessus. Nous lisons souvent le témoignage de personnes ayant subi des violences physiques et qui remercient leurs parents de leur en avoir données : « cela ne m’a pas tué, et j’ai appris à bien me comporter ». Comment est-il encore possible d’avoir ce genre de discours ? D’une part, quel message laisse-t-on à nos enfants en leur inculquant qu’on peut utiliser la force physique pour faire passer un message ? Ce sont les mêmes parents qui iront disputer leurs enfants parce qu’ils auront tapé un camarade à l’école… Mais, vos enfants ne feront que reproduire ! Pourquoi alors les disputer de faire quelque chose qui vous semble normal ?

Sachez qu’il n’y a pas d’échelle de violence, toute attaque physique ou morale, qui fait mal ou qui rabaisse une personne, est une violence. Se cacher derrière le mot violence en justifiant qu’une tape n’en est pas est une façon de se déculpabiliser. Les violences dégradent fortement la confiance en soi.

5-Limiter les violences éducatives ordinaires jusqu’à ce qu’elles ne fassent plus partie de votre vie.

C’est certainement un des points les plus difficiles, surtout si cela n’est pas naturel chez vous. Les objectifs : arrêter de crier et arrêter de parler négativement aux enfants. Toujours trouver le positif et revoir ses tournures de phrases. Évidemment, cela demande beaucoup de temps et de travail. Ne soyez pas trop dur avec vous-mêmes, il est impossible d’y arriver du jour au lendemain. Ne culpabilisez pas si vous avez crié, cela est humain. Mais vous pouvez rattraper les choses en discutant, la crise passée, avec votre enfant. Lui expliquer les raisons de vos cris. Vous n’êtes pas parfaits, et les enfants le savent bien. D’ailleurs, vous n’attendez pas d’eux la perfection non plus. Elle n’intéresse personne. Mais, parce que nous avons tous nos failles et nos faiblesses, il est important de pouvoir les verbaliser. Cela vous apportera un apaisement et vous permettra de vous expliquer et vous verrez que, petit à petit, votre enfant sera capable lui aussi de verbaliser quand il n’ira pas bien.

6- Être positif

«  Nous naissons tous avec le même potentiel en matière de confiance en soi. […] Puis nous recevons les commentaires de nos parents, nos nounous, nos instituteurs […]. Si par malchance, ils tendent tous dans un sens négatif, formulant des critiques, des reproches, attirant notre attention sur nos manquements, nos erreurs et nos échecs, alors le sentiment d’insuffisance et l’autocritique s’inscrivent dans nos habitudes de pensée. » Cette citation, extraite du livre Les Dieux voyagent toujours incognito de Laurent Gounelle est une très bonne illustration de l’importance d’être positif avec ses enfants. Les phrases positives n’ont pas du tout le même impact sur le cerveau que les phrases négatives.

7- Ne pas être en compétition avec son enfant.

Lorsque vous disputez votre enfant pour une raison, posez-vous la question suivante : pourquoi est-ce que je le dispute ? Est-ce une raison vraiment valable ? Mon enfant est-il en danger ? Ou est-ce parce que je suis en compétition avec lui ? Lorsque vous êtes en compétition avec votre enfant, c’est parce qu’il fait référence à l’enfant que vous étiez. C’est à ce moment là que peut se jouer une compétition entre vous. Est-ce que vous refusez quelque chose à votre enfant parce que petit on vous le refusait  et que vous estimez que votre enfant ne doit pas l’avoir non plus? L’enfant qui est en vous est-il frustré ? Parfois, même inconsciemment, il est possible que l’adulte jalouse l’enfant et son innocence. Les enfants sont plein de joie, positifs et heureux de vivre. Ils osent, ils expérimentent, ils n’ont pas toutes les barrières que nous nous mettons au fur et à mesure que nous grandissons. Alors, il est possible que vous vous fâchiez parce que vous avez perdu cette innocence et cette fraîcheur. Et si vous alliez chercher l’enfant au fond de vous, celui qui est caché, bien enfoui mais toujours présent, pour arrêter de jalouser secrètement votre enfant qui n’a pas encore été perverti par le monde des adultes ? Et si vous lui appreniez à grandir en conservant cette partie de lui plutôt que de lui apprendre très tôt à la dissimuler ?

Pour réussir son éducation positive, il est préférable d’accorder à son enfant ce que vous auriez voulu avoir étant enfant plutôt que de lui refuser parce qu’on vous le refusait également. Faites donc ressortir votre part d’enfant pour le comprendre plutôt que de vouloir le faire grandir trop rapidement en lui faisant abandonner toute la magie de l’enfance.

8- Être capable de nager à contre courant.

L’éducation positive, bien qu’un peu plus répandue aujourd’hui, est malheureusement encore largement minoritaire et très critiquée (Souvent pour des mauvaises raisons d’ailleurs). Si vous choisissez de vous lancer, il faudra que vous soyez sur de vos choix et que vous soyez capable de les défendre, ou tout du moins de supporter les critiques que vous entendrez autour de vous. Le plus difficile sera de maintenir votre position si votre famille et votre entourage ne l’acceptent pas. Les doutes peuvent apparaître, mais il est très important de pouvoir assumer ses choix et de les garder sans être influencé par les autres.

9-Arrêter de vouloir être parfait et dialoguer le plus possible.

Le plus gros problème avec l’éducation positive, c’est que tout le monde pense qu’il s’agit d’être des parents parfaits. De ne pas s’énerver, ne jamais craquer, rester calme en toutes circonstances, etc. Bien sur, c’est un but à atteindre, mais si vous avez reçu une éducation traditionnelle, il vous sera difficile de changer vos habitudes rapidement. Ne soyez pas trop exigeant avec vous-même, cela prendra du temps. Le plus important est alors de dialoguer avec vos enfants. Vous avez le droit d’être fatigué, de ne pas garder votre calme, de crier. Cela arrive. Ne culpabilisez pas, parlez à vos enfants. Dites leur votre fatigue, votre exaspération, dites leur que vos émotions ne sont pas forcément tournées contre eux mais que vous avez du mal à garder le contrôle . Petit à petit, vous arriverez à repousser vos limites de patience, vous arriverez à vous écouter et à comprendre vos propres limites et à les apprivoiser pour ne pas les diriger vers vos enfants. Donnez-vous le temps surtout, et cessez de penser à une perfection qui n’existe pas. Le plus important est de vouloir élever ses enfants dans le respect de chacun, sans cri ni violence.

10- Lâcher prise

C’est la clé pour réussir, si vous voulez vous lancer dans l’éducation positive. Cette notion est très à la mode et on la met à toutes les sauces. Mais que signifie-t-elle vraiment ? Lâcher prise veut dire qu’à un moment donné, il faut laisser couler. Se dire que ça n’est pas aussi important que vous le pensiez. Votre enfant a mangé des chips pour son goûter alors que vous avez toujours été contre cette idée et avez critiqué les parents qui laissaient faire leurs enfants ? C’est le bon moment pour tester ce fameux lâcher prise. Posez-vous la question essentielle pour y arriver : quelle conséquence cela va-t-il avoir ? Si la réponse n’a pas une importance capitale, laissez couler, vous verrez que vous vous sentirez bien mieux. Votre enfant refuse de manger un soir ? Il veut son dessert en premier ? Vous ne voulez pas céder, vous vous fâchez… posez-vous encore cette question et lâchez prise ! Cela ne voudra pas dire que votre enfant prendra l’habitude de le faire, n’ayez crainte.

Pour finir, sachez que le point essentiel de l’éducation positive repose sur vous. L’enfance de vos enfants fera forcément écho à la votre, même si c’est inconscient. Demandez-vous quel adulte vous êtes devenu, et quel enfant vous étiez. Quels sont les traits de caractère avez-vous et que vous ne souhaitez pas pour vos enfants ? L’éducation que vous avez reçue a-t-elle fait de vous quelqu’un qui manque de confiance ?

Changer de méthode d’éducation va forcément remuer des choses en vous. Il va falloir apprendre à déconstruire avant de reconstruire, et même si c’est un travail long et parfois douloureux, il en vaut la peine car non seulement il va vous permettre d’arriver à mettre en place une nouvelle façon d’élever vos enfants, plus respectueuse de chacun mais en plus il vous permettra de devenir un adulte plus épanoui. Si vous n’êtes pas vous-mêmes bien dans votre corps et votre esprit, l’éducation positive sera d’autant plus difficile à mettre en place. Qui dit adulte épanoui, dit enfant heureux !

Nous verrons donc dans ce blog comment travailler sur soi pour être dans les meilleures dispositions possibles pour commencer une éducation positive pour vos enfants.

Enfin, si vous n’êtes pas encore convaincus, dites vous bien qu’il n’est pas possible de faire du mal en voulant être respectueux.

bataille et triomphe