éducation bienveillante, la bienveillance....pour soi-même, Non classé

Le jour où j’ai arrêté…

J’ ai plus de 30 ans, et cela ne fait pas si longtemps que je me suis rendue compte de certaines choses. Depuis quelques années (ça prend du temps), je fais le point sur la personne que je suis, sur mon caractère, ma personnalité et….mon manque de confiance. Il y a des choses sur moi qui m’échappaient, des espèces de trous noirs que je n’arrivais pas à comprendre. Mais petit à petit, tout ceci s’éclaircit et je travaille pour y remédier.

Ce travail personnel m’aide évidemment pour mon propre bien -être, dans ma relation aux autres, pour mon travail, mais également en tant que mère, pour faire attention à ne pas reproduire certains comportements. C’est facile à dire, et l’on pourrait croire qu’une fois qu’on le sait ça suffit, mais il n’en est rien. Certaines choses sont profondément ancrées en nous et nous les reproduisons inconsciemment. Cela ne veut pas dire qu’il ne faut rien faire, car l’on peut changer les choses, mais il faut savoir se donner du temps et ne pas vouloir être trop exigeant en voulant que tout se fasse rapidement.

Je me suis rendue compte,  bien que j’ai été une enfant très aimée, que tout ce que je faisais n’était jamais assez bien. Bien sur, mes parents étaient contents, mais jamais pleinement. Je pouvais toujours faire mieux. A l’école par exemple, je n’ai jamais été une grosse bosseuse, mais j’avais des facilités. Je comprenais ce qu’on attendait de moi, ce qui m’aidait à y répondre de façon à avoir de bonnes notes. Mais pas suffisamment. Chaque année, on me demandait de faire mieux. Toujours mieux. J’ai raté la mention au bac, de peu, alors que je n’avais quasiment pas révisé. Évidemment, j’aurais pu faire mieux. Je n’ai pas spécialement écouté, j’ai fait un peu selon mes envies (ou pas justement), mais je n’avais pas conscience que cela jouait sur la confiance en soi.

Loin de moi l’envie de blâmer mes parents aujourd’hui, cela ne servirait à rien et ne me ferait pas avancer. Mes parents ont fait ce qu’ils ont pu, avec leurs qualités et leurs défauts. Ils ont fait ce qu’ils jugeaient bon pour m’aider à grandir.

Aujourd’hui, je travaille beaucoup pour être heureuse. Et faire ce qui me rend heureuse. Je dois dire que je m’en approche, parce que je fais mes propres choix. Mes choix en accord avec moi-même, sans que ce soit pour faire plaisir aux uns ou aux autres, ou pire, en me mentant à moi-même.

Aujourd’hui, je me rends compte des remarques cassantes que je reçois toujours de la part de mes parents. Oui, à 34 ans, j’entends encore parfois que c’est bien, mais que ça pourrait être mieux. J’entends que mes choix ne sont pas les bons. Mes choix éducatifs ou bien professionnels…

Aujourd’hui, à 34 ans, et il est grand temps, j’ai décidé d’arrêter de trouver cela important. J’ai décidé d’arrêter de courir après la fierté dans les yeux de mes parents. Ma vie est pour moi, pour la famille que je me suis créée, pas pour eux.

C’est comme si, en remerciement de l’éducation reçue et des années de temps et de dépenses pour nous, nous avions des comptes à leur rendre. Comme si nos années d’enfances n’étaient pas gratuites. Comme s’ils ne nous avaient pas aidés à grandir, mais élevés pour qu’on leur rende la mise en fierté. Alors quoi? Cela veut donc dire que nous ne sommes pas libres de nos propres choix, mais que nous devons faire ce qu’il leur plaira, à eux? Et si mon choix de métier ne m’appartenait pas réellement?

Si ma prise de conscience est tardive, je vais tout faire pour éviter cette situation à mes enfants. Quoi qu’ils fassent, quoi qu’ils choisissent, je serai fière d’eux. Fière de voir qu’ils auront fait leurs propres choix, des choix qui les rendent heureux, car je leur aurais donné une éducation dans ce sens.

Et vous, bien au fond, enfoui, vous sentez-vous libre des jugements de votre famille? Avez-vous une famille ouverte et compréhensive ?

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