la bienveillance....pour soi-même

Cher passé.

Je fais rarement d’article personnel, car je préfère ne pas trop rouvrir ce qui est douloureux. Mais également parce que je sais que je suis lue, et que malheureusement je peux avoir des retombées désagréables sur tout ce que je peux révéler. Cependant, devoir se taire, c’est aussi parfois difficile, quand on sait à quel point parler peut être libérateur. Quand on voit que les langues se délient, que ce soit dans le monde du cinéma ou ailleurs, quand on voit que des personnes ont pu cacher leurs souffrances pendant des années pendant que d’autres profitaient de leur notoriété pour se cacher.

Oui, moi aussi, j’ai des choses à dire… Des choses douloureuses, des choses qui ont fait de moi celle que je suis aujourd’hui…

Et aujourd’hui, j’ai envie de m’adresser à mon passé, celui qui me fait encore tant souffrir…

Cher passé,

Je me suis toujours dit que les regrets ne servaient à rien, et surtout pas à avancer. Alors, aujourd’hui je ne viens pas te dire que je te regrette. Non. Aujourd’hui, je viens pour te dire que je n’ai plus besoin de ce que tu m’as laissée, ces deux cadeaux empoisonnés. Tu peux les reprendre, je n’en veux plus. Je ne veux plus les porter, je ne peux plus les encaisser, ni même les sentir, ne serait-ce qu’un petit peu. Reprends-les, je suis prête. Allez, vas-y, tiens, je te les rends. Et je vais commencer par la culpabilité. Si je suis coupable, c’est de m’être faite manipulée, de m’être faite embobinée, de m’être faite piétinée, de m’être faite frappée. Mais tu sais quoi? J’ai réussi à faire un choix. Et comme on le dit si bien, choisir, c’est renoncer. Moi, j’ai renoncé à vivre tout cela encore et encore. Je vaux mieux que ça. Alors oui, c’est vrai, dans l’histoire, il y a des dommages collatéraux, ces personnes qui me sont le plus chères au monde et qui subissent encore aujourd’hui les conséquences de ce choix. Mais tu sais quoi? Reprends-la ta culpabilité, parce que ces personnes, elles vivent bien plus de bonheur aujourd’hui qu’elles n’en auraient vécu si je n’avais pas fait ce choix.

Tu me donnes du fil à retordre, cher passé. Car tu es toujours là, transformé en présent. Pas  en permanence, mais suffisamment pour que la vie ne soit pas si facile. Mais ce n’est pas grave, j’ai acquis la capacité de me protéger. Je ne savais pas le faire, avant, mais maintenant j’ai réussi à remonter la pente. J’ai réussi à sortir la tête du sol sous lequel on m’avait enfoncée. Tu vois, je suis plus forte maintenant. Oh, évidemment, il y a des personnes qui essayent toujours et encore de me ramener la culpabilité à chaque fois que je veux la rendre. Alors reprends-la, s’il te plaît, je n’en veux plus. Je pense d’ailleurs qu’elle ne m’est pas destinée, et que je l’ai gardée pendant de nombreuses années, je l’ai nourrie et fait grandir alors qu’elle ne m’appartient pas. En tout cas, elle ne m’appartient plus. Et je ne veux plus la prendre à tord, c’est fini. Je te la rends, et je ne me la laisserai plus donner de force. C’est fini.

Et puis, tant qu’à faire, reprends la colère aussi. Elle me gâche la vie. Tu sais quoi, passé? Je vais me pardonner. Je vais me pardonner d’avoir laissé quelqu’un me faire souffrir, d’avoir fait confiance alors qu’il ne fallait pas, de m’être engagée dans la souffrance. Je vais me pardonner pour que tu puisses reprendre la colère que j’ai contre moi. Si j’ai laissé des personnes me faire du mal, j’ai aussi réussi à dire stop. A dire non. A me protéger, à nous protéger. Si j’ai mis beaucoup de temps à ouvrir les yeux sur toute cette souffrance, si le chemin est encore long pour que je puisse guérir totalement, s’il y a encore des personnes qui arrivent à me faire souffrir, c’est juste parce que j’ai encore besoin de finir ce travail de confiance. Mais il arrive bientôt à son terme, je le sens. Alors prends ma colère, emmène-la, je n’en veux plus.

Je me pardonne, je pardonne même à ceux qui m’ont fait du mal. Tu vois, passé, j’arrive même à faire cela. Et même mieux, je ne te regrette pas. Non, les regrets, ça encombre, et ça ne change rien. Moi, je ne te regrette pas, car grâce à toi, j’en suis arrivée là.

Aujourd’hui, je sais qui je suis. Aujourd’hui, je m’ouvre à la vraie vie. Au vrai bonheur. Tu sais, celui qu’ « on ne voit bien qu’avec le cœur  » car il « est invisible pour les yeux ». Et ça, c’est aussi grâce à toi. Et si c’est d’être passée par la souffrance qui m’a permise d’en arriver là, d’être avec les personnes qui me rendent heureuse aujourd’hui, alors je ne le regrette pas. Je peux même te dire que ce qui en ressort aujourd’hui est très positif. C’est grâce à toi si je suis tombée dans la psychologie positive, dans l’éducation positive, et que j’arrive à les transmettre. C’est grâce à toi si ce blog est là. Tu vois, grâce à toi, passé, je vais sans doute pouvoir modifier le futur. Peut être pas celui de tout le monde, mais au moins celui de mes filles. Grâce au positif, elles seront fortes, plus fortes que moi à leur âge, et cela leur permettra de ne pas se laisser atteindre, de ne pas se laisser rabaisser, de ne pas laisser rentrer de mauvaises personnes dans leur vie. Elles sont déjà fortes, tu sais.

Alors, cher passé, reprends la culpabilité, reprends la colère, et laisse moi continuer de transmettre le positif, rien que le positif.

 

Valentine.

invisible pour les yeux

4 réflexions au sujet de “Cher passé.”

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