éducation bienveillante

Quel cadre pour mon enfant?

Avec tout l’effervescence autour de l’éducation positive, beaucoup de jeunes parents se perdent. Ils ne savent plus ce qu’ils doivent faire ou ce qui est le mieux pour leur enfant. La plupart du temps élevés dans une famille à l’éducation stricte, ils reproduisent, sans trop savoir pourquoi, mais surtout parce que la pression familiale est grande. Les générations précédentes se régalent de « de mon temps il y avait du respect! « , « j’ai pris des fessées et je n’en suis pas mort » ou autre « encore un effet de mode, il faut toujours que les jeunes aient l’impression de mieux faire que nous ». Si vous êtes un jeune parent, vous avez forcément entendu une de ces trois phrases. Alors, même quand vous décidez d’essayer malgré tout une autre forme d’éducation, qui vous semble plus adaptée, vous êtes confrontés de nouveau à toute une série d’attaques  du genre « tu vas l’habituer aux bras », « tu vas en faire un capricieux », « ça va devenir un enfant roi »!  etc.

Il est donc difficile de s’orienter à contre courant  et de tenir si votre famille ou vos amis ne vous laissent pas la liberté de choisir l’éducation que vous souhaitez donner à vos enfants.

Mais avant même de choisir, il faut clarifier les choses. Un cadre, qu’est ce que c’est?

Le cadre, ce sont les limites que vous allez donner à vos enfants. Les règles, les droits et les devoirs, les interdits que vous allez fixer. Ce cadre va bien sur dépendre de chaque personne, car nous ne mettons pas le curseur au même niveau. Certains seront bien plus tolérants que d’autres. Mais cela n’a pas d’importance.

Quand on parle d’éducation positive, il y a de nombreuses confusions dans l’esprit des gens. Beaucoup de personnes pensent qu’il s’agit de dire oui le plus souvent et de ne pas poser de limite. Or, dans ce cas, il s’agit de laxisme, et cette méthode est dangereuse pour les enfants. Elle mène à éduquer ce qu’on appelle « des enfants rois », qui ne supportent aucune frustration et qui dominent toutes les personnes en leur rendant la vie dure. Le laxisme permet le débordement jusqu’à ce que l’adulte se fasse déborder lui-même.

Pourquoi est ce primordial de poser un cadre à ses enfants alors?

les limites sont sécurisantes pour les enfants. L’absence de cadre est, à l’inverse, angoissant. Lorsqu’il n’y a pas de limite, pas de règle, les enfants ne comprennent plus ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas faire. Ils ne savent pas comment se comporter, ni comment adapter leur comportement. Cela ne les aide ni à se sociabiliser, ni à grandir correctement.

A l’inverse, les enfants ont un besoin fondamental de se confronter au cadre et à aux règles. Ils ont besoin de connaître les limites et les interdits, mais aussi d’essayer de les repousser! Les adultes prennent toujours cela pour de la provocation, alors qu’il n’en est rien. Si les enfants cherchent à repousser les limites, c’est simplement pour tester la solidité de l’adulte. Va-t-il tenir?  Si l’adulte en face de lui ne tient pas, alors l’enfant se rendra compte qu’il n’a pas à faire à une personne sécurisante, car le cadre lâche. C’est pour cela qu’il est nécessaire de donner des limites et de faire en sorte qu’elles soient solides.

Cependant, on sait aussi aujourd’hui qu’un cadre trop strict n’est pas convenable non plus. En effet, dans ce cas, il s’agit d’autoritarisme et l’on soumet les enfants par la peur (souvent de la violence physique) ou en les écrasant par des agressions verbales. Cette technique est efficace pour l’adulte car l’enfant se soumet effectivement et semble « sage », mais en même temps il est rabaissé et n’a plus aucune confiance en lui. L’adulte doit donc se poser la question de ce qu’il souhaite : est ce d’aider ses enfants à grandir et se construire pour devenir des adultes qui se sentent bien dans leur peau ou alors de les habituer à se soumettre à d’autres personnes qui se posent en supérieurs? La cadre strict est presque une forme d’emprise sur l’enfant. Il ne lui laisse aucune marge de réflexion ou de choix. L’enfant n’a pas son mot à dire, il doit simplement exécuter les ordres qu’on lui donne.

Du coup, quel est l’idéal? Quel cadre donner à mon enfant?

Tout est une question d’équilibre, de juste milieu. Le laxisme est trop angoissant et ne permet pas à un enfant de grandir correctement, mais l’éducation trop stricte non plus.

C’est pour cela que l’éducation positive propose un cadre « souple-dur ». Les limites sont posées et claires, mais elles peuvent être, comme du caoutchouc, écrasées, ou mises sous pression sans jamais casser ou se déchirer, pour reprendre ensuite leurs formes initiales. Il s’agit d’avoir en tête, en tant qu’adulte, les limites que vous ne souhaitez vraiment pas  voir franchir, et il faudra vous y tenir. Mais si votre enfant refuse une de vos demandes, peut être est-il possible de voir les choses différemment? Souvent, la confrontation amène au conflit directement, et finit en crise. Il existe alors deux façons de procéder différentes :

  • Soit vous décidez de ne pas céder, et alors vous pouvez différer le problème : il s’agit ici de dire les choses (par exemple, je souhaite que tu te laves les mains avant de te mettre à table) mais de laisser l’enfant décider du moment où il va le faire. En effet, soit vous vous opposez à lui et il se peut que cela se termine en crise et en pleurs, et personne n’aura eu gain de cause, soit vous pouvez lui dire  » je souhaite que tu aies les mains propres quand tu te mets à table » et vous passez à autre chose pour lui laisser le temps d’aller se laver les mains quand il l’aura décidé. La plupart du temps, vous vous rendrez compte que l’enfant finit par faire ce que vous lui avez imposé. Vous différez simplement l’application tout en maintenant la demande.
  • soit vous décidez que la règle peut être dérogée, parce que votre enfant vous propose une alternative, et qu’elle vous semble convenable, tout en ne cherchant pas à dépasser la limite. Il est important de se positionner en tant qu’accompagnant, et c’est là que vous pourrez voir la différence avec de l’adultisme ou de l’autoritarisme. Ce n’est pas parce que c’est votre enfant qui a choisi que vous devez vous sentir en danger dans votre rôle de parent. Si c’est ce que vous ressentez, peut être faut il alors faire un travail sur vous-même en sachant ce que vous souhaitez mettre derrière ce rôle de parent. En effet, il n’est pas normal de se sentir en compétition avec votre enfant, car éduquer n’est ni une compétition ni une guerre de pouvoir.

Votre enfant doit pouvoir se confronter à votre cadre, le faire bouger, le faire flancher, sans pour autant le faire céder. Il est primordial pour chaque enfant de savoir que les adultes qui les élèvent peuvent être souples mais fermes, c’est à dire qu’ils ne céderont pas sur le fond.

J’espère que les choses sont un peu plus claires pour vous, n’hésitez pas à me poser d’autres questions si vous avez besoin de plus d’explications. Et surtout, suivez ma page parents épanouis : enfants heureux sur laquelle vous trouverez de nombreux conseils pour gérer différentes situations avec vos enfants!

Valentine.

 

6 réflexions au sujet de “Quel cadre pour mon enfant?”

  1. Bonjour
    Je suis plutot d’accord avec votre article
    mais à partir de quel âge les règles doivent être mises en place ? À partir de quelle âge le cerveau de l’enfant est il assez mature pour comprendre qu’il y a une limite ? Et pour réussir à la suivre ?
    J’imagine que les bébés ne sont pas concernés par les limites/règles…?
    merci

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    1. bonjour,

      Pas évident effectivement de savoir quand commencer à poser un cadre! Effectivement, pour les bébés, ça me parait trop complexe. Cela dit, en répétant les choses doucement, j’imagine que ça fait sa place petit à petit. Ensuite, vous pouvez tout à fait commencer quand vous le voulez, même si votre enfant n’y est pas réceptif, par la répétition cela fera son chemin. Vous l’avez peut être vu sur un de mes panneaux sur facebook, un jeune enfant qui découvre tout n’a pas la maturité nécessaire pour comprendre qu’il ne peut pas toucher à tout. Il faut alors l’orienter sur autre chose, sécuriser la maison, toucher avec lui, prudemment, etc… Petit à petit, les choses s’installeront.

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  2. Ce n’est pas toujours évident! Mon fils a beaucoup de caractère, il peut être cool comme il peut être « insolent », nous mettons en application des règles & nous l’arrêtons dans sa course lorsqu’il commence…après à l’école aussi il a ces moments, ce n’est pas évident. Des fois, son parcours aussi peut y jouer, c’est le cas du mieux.

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  3. Bonjour Valentine

    Je vous remercie pour votre article.

    Le plus dur quand on pose un cadre c’est de s’y tenir. Et ce que l’on ne dit pas ou l’on parle que trop peu je trouve, c’est qu’il existe bien des enfants qui vont tester le cadre jusqu’à des points de rupture.

    Car la bienveillance est belle quand les enfants ne sont pas fatigués, ni les parents …
    Dès que l’on se confronte à la réalité, c’est tout autre chose.

    Réussir à mettre un cadre oui, mais se focaliser dessus peut nuire tout autant à l’enfant et au parent.
    En fait, il faut être plus qu’un caoutchouc : il faut se dire que l’on apprendre ensemble et que par moment, on peut changer le cadre, du moment qu’il en existera un nouveau.

    Pas de blocage trop fort, plus de l’écoute, de l’orientation, de la facilitation, n’est-ce pas ?

    Au plaisir
    Evan

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