éducation bienveillante

Stop à la pression autour de la parentalité!

Il y a quelques temps, j’ai écrit un article sur les 10 points clés qui me semblaient essentiels de connaître sur la parentalité positive (ou la bienveillance, mais ce terme un peut trop vague est vite devenu fourre-tout). Si vous ne l’avez pas lu, vous pouvez le retrouver ici .

Sur internet, entre ceux qui prônent la parentalité positive et ceux qui n’en peuvent plus d’entendre parler de ça, la guerre fait rage. De nombreux articles de mamans sortent dans tous les sens, pour qu’on arrête  de  les culpabiliser  en leur demandant d’être parfaites. Il y a également de plus en plus de témoignages de burn-out maternels, ceux-ci étant plus ou moins mis en cause par une tentative d’éducation positive ratée, par une trop grosse pression liée  à une volonté d’être un parent parfait.

Sur ce blog, j’insiste sur la nécessité d’être un parent épanoui, pas un parent parfait (tout simplement parce qu’il n’existe pas) et je crois que même si la différence est énorme, beaucoup de personnes ne la perçoivent pas.

Aujourd’hui, j’abonde dans le sens de ces mères qui disent stop. Stop à la pression parentale, stop à la course aux parents qui auront raison. Sauf qu’en fait, pour moi, c’est un faux débat. Car les personnes qui parlent de parentalité positive, si elles parlent bien de ce qu’est cette parentalité et pas du fourre-tout dont certains se sont emparés, ne culpabilisent pas les autres parents. En revanche, les parents s’adressant à ceux qui pratiquent la parentalité positive, eux, tentent de les culpabiliser en les accusant de leur mettre la pression. Ces parents veulent être libres, libres de leur choix éducatif. C’est une très belle idée, en soi, mais elle me pose questions :

  • Sous couvert de la liberté, a-t-on le droit d’élever ses enfants comme on le souhaite, même dans la violence? ( Ceux qui disent qu’une claque n’a jamais tué personne, ont donc la liberté de frapper leurs enfants, parce que c’est leur choix?)
  • ces parents, sont-ils vraiment libres de choisir leur éducation? Ne sont-ils pas prisonniers de l’éducation qu’ils ont eux-mêmes reçus de leurs parents?
  • Les parents pensent ils être vraiment libres d’éduquer leurs enfants comme ils l’entendent, sans se sentir visés par la société?

Ce que j’entends par là, c’est que la bataille qui se trame aujourd’hui entre l’éducation dite positive et les parents contre ce mode de pensée, est une fausse bataille. La vraie pression exercée sur la parentalité ne vient pas de l’éducation positive, mais de la société et des générations antérieures. Il n’est pas possible de dire le contraire. Chacun parmi vous a déjà du avoir des réflexions de la part de sa famille sur sa façon de faire ou a déjà senti sur lui et ses enfants le regard des autres lors d’une sortie en famille. Cette pression familiale est insupportable. Elle résulte d’un conflit générationnel (j’en parle ici) pour lequel les anciens se posent en situation de savoir absolu (tiens, ça me rappelle l’école) en considérant que tout ce qui est nouveau est un effet de mode ridicule. ( C’est vrai que vu comme ça on comprend mieux pourquoi l’humanité avance si doucement ). Si votre enfant se met à hurler dans une salle d’attente ou dans un magasin, qu’allez-vous faire? Ne pensez-vous pas au regard des autres et au jugement qu’ils portent sur vous à ce moment là? Ne pensez-vous pas qu’il est important d’installer votre autorité à cet instant pour prouver que votre éducation est « bonne »? Vous sentez-vous libre de faire ce que vous souhaitez? Il me semble que la vraie liberté éducative est là. Savoir ce qui est bon pour son enfant, sans céder à la pression extérieure, quelle qu’elle soit. Choisir la bonne réponse pour son enfant, parce qu’on le connaît, et pas la réponse que les adultes autour attendent.

Le gros problème, avec l’éducation positive, c’est qu’elle demande une grosse remise en question de sa propre éducation et que beaucoup de personnes ne souhaitent pas le faire. Il devient donc impossible d’installer un nouveau mode éducatif mixé avec des éléments ancrés profondément en nous et complètement inconscients. C’est comme cela que l’enfant que vous étiez peut se retrouver en compétition avec votre enfant. C’est comme cela que les choses ne collent pas naturellement, que tout est forcé, et que, comme on le dit si bien, le naturel revient au galop.

L’éducation positive n’a jamais été d’être un parent parfait, et d’oublier que nous sommes des humains avec notre ennemi principal qui nous colle à la peau : la fatigue. Sans apprendre à la gérer, à l’apprivoiser, à se connaître correctement, à savoir qui l’on est et d’où l’on vient, il est impossible de mener une éducation positive. C’est une erreur que je vois le plus souvent : pour moi, l’éducation positive n’est pas placée du point de vue de l’enfant, mais du parent. Bien sur, l’objectif est d’élever son enfant d’une certaine manière, mais comment être bienveillant et positif avec quelqu’un si vous ne l’êtes pas d’abord envers vous-même?

Ce sera donc le thème d’un de mes prochains articles : Comment devenir un parent bienveillant.

à très vite!

Valentine

2016_06_10 Bienveillance

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