éducation bienveillante, la bienveillance....pour soi-même, Non classé

10 points clés à connaître sur l’éducation positive.

Récemment je me suis tenue un peu à l’écart des réseaux sociaux pour profiter de mes vacances. J’ai donc lu en diagonale les sujets qui revenaient souvent. Visiblement, il y a eu remise en question de l’éducation positive et beaucoup d’articles sont sortis pour déculpabiliser les parents. Je ne suis pas sure que cette remise en question soit nécessaire, tout simplement parce que je pense que de nombreuses personnes n’ont pas compris ce qu’était l’éducation positive. Pour y voir plus clair, je vous propose 10 points clés à savoir sur cette pratique.

1- Positif ne veut pas dire laxisme.

C’est une des plus grosses confusions de l’éducation positive. Les conséquences, dans l’esprit des gens, ce sont des enfants rois. Or, peu importe la méthode choisie pour élever ses enfants, on le sait tous, il faut un cadre et des limites. Il est impossible de dire oui à tout et de laisser faire tout et n’importe quoi. Un enfant se structure correctement avec un cadre bien défini et cela le rassure. C’est d’ailleurs pour cela qu’il cherche sans cesse où se situent les limites. S’il n’en a pas, il se sent perdu. L’adulte est garant de la sécurité des enfants et ne peut donc pas laisser l’enfant choisir lui même ses limites. L’éducation positive consiste à élever son enfant dans le respect de celui-ci, de l’accompagner sans imposer. Le parent est donc présent pour que cet accompagnement se fasse tout en apprenant les règles de vie en société. Ainsi, l’enfant ne va pas apprendre qu’il ne doit pas franchir une limite par peur de la sanction, mais parce qu’il va comprendre pourquoi cette règle est importante (et quelles conséquences elle peut avoir). Cela ne fera pas de lui un enfant roi mais un enfant réfléchi, qui comprend ce qu’il fait et pourquoi il le fait ou ne le fait pas.

2- Différencier autorité et autoritarisme.

Traumatisés lorsqu’ils étaient petits parce qu’ils devaient se taire uniquement parce qu’ils étaient des enfants, bon nombres de parents tombent dans le même travers. Enfin, ils pourront dire à leurs enfants que « c’est comme ça, parce qu’ils l’ont dit et que ce sont eux les adultes ». Cela s’appelle de l’autoritarisme. Un abus de pouvoir, si vous préférez. L’adulte a plus d’expérience, mais ne doit pas s’en servir contre son enfant en le dévalorisant. Il n’y a aucune raison valable pour que la parole d’un adulte soit plus importante que celle d’un enfant. L’adulte, qui fait office d’autorité, peut expliquer à l’enfant les raisons de son exigence, sans faire preuve d’autoritarisme. Si vous avez un problème avec l’autorité (peut-être un chef qui fait de l’autoritarisme sur vous), travaillez sur le problème mais n’en faites pas subir les conséquences à vos enfants qui n’ont rien demandé.

3- Accompagner son enfant ne veut pas dire choisir à sa place.

Dans l’éducation positive, on décide d’accompagner son enfant pour qu’il devienne un adulte accompli. On n’impose pas ses choix, on l’aide à choisir par lui-même. On lui apprend comment faire. On l’aide à trouver qui il est et ce qu’il aime, sans le forcer à aller dans la direction que l’on aurait souhaité pour lui. Et, plus important encore, accompagner son enfant ne veut pas dire projeter ses envies non assouvies pour faire de lui celui que vous auriez aimé être.

Vous n’êtes pas contre votre enfant mais avec lui, vous êtes là pour l’aider.

4- La règle d’or : pas de violences physiques.

C’est l’une des bases de l’éducation positive. Le principe est clair : la violence ne résout rien. Elle est simplement la preuve que l’adulte a perdu le contrôle et utilise sa force physique pour être certain d’avoir le dessus. Nous lisons souvent le témoignage de personnes ayant subi des violences physiques et qui remercient leurs parents de leur en avoir données : « cela ne m’a pas tué, et j’ai appris à bien me comporter ». Comment est-il encore possible d’avoir ce genre de discours ? D’une part, quel message laisse-t-on à nos enfants en leur inculquant qu’on peut utiliser la force physique pour faire passer un message ? Ce sont les mêmes parents qui iront disputer leurs enfants parce qu’ils auront tapé un camarade à l’école… Mais, vos enfants ne feront que reproduire ! Pourquoi alors les disputer de faire quelque chose qui vous semble normal ?

Sachez qu’il n’y a pas d’échelle de violence, toute attaque physique ou morale, qui fait mal ou qui rabaisse une personne, est une violence. Se cacher derrière le mot violence en justifiant qu’une tape n’en est pas est une façon de se déculpabiliser. Les violences dégradent fortement la confiance en soi.

5-Limiter les violences éducatives ordinaires jusqu’à ce qu’elles ne fassent plus partie de votre vie.

C’est certainement un des points les plus difficiles, surtout si cela n’est pas naturel chez vous. Les objectifs : arrêter de crier et arrêter de parler négativement aux enfants. Toujours trouver le positif et revoir ses tournures de phrases. Évidemment, cela demande beaucoup de temps et de travail. Ne soyez pas trop dur avec vous-mêmes, il est impossible d’y arriver du jour au lendemain. Ne culpabilisez pas si vous avez crié, cela est humain. Mais vous pouvez rattraper les choses en discutant, la crise passée, avec votre enfant. Lui expliquer les raisons de vos cris. Vous n’êtes pas parfaits, et les enfants le savent bien. D’ailleurs, vous n’attendez pas d’eux la perfection non plus. Elle n’intéresse personne. Mais, parce que nous avons tous nos failles et nos faiblesses, il est important de pouvoir les verbaliser. Cela vous apportera un apaisement et vous permettra de vous expliquer et vous verrez que, petit à petit, votre enfant sera capable lui aussi de verbaliser quand il n’ira pas bien.

6- Être positif

«  Nous naissons tous avec le même potentiel en matière de confiance en soi. […] Puis nous recevons les commentaires de nos parents, nos nounous, nos instituteurs […]. Si par malchance, ils tendent tous dans un sens négatif, formulant des critiques, des reproches, attirant notre attention sur nos manquements, nos erreurs et nos échecs, alors le sentiment d’insuffisance et l’autocritique s’inscrivent dans nos habitudes de pensée. » Cette citation, extraite du livre Les Dieux voyagent toujours incognito de Laurent Gounelle est une très bonne illustration de l’importance d’être positif avec ses enfants. Les phrases positives n’ont pas du tout le même impact sur le cerveau que les phrases négatives.

7- Ne pas être en compétition avec son enfant.

Lorsque vous disputez votre enfant pour une raison, posez-vous la question suivante : pourquoi est-ce que je le dispute ? Est-ce une raison vraiment valable ? Mon enfant est-il en danger ? Ou est-ce parce que je suis en compétition avec lui ? Lorsque vous êtes en compétition avec votre enfant, c’est parce qu’il fait référence à l’enfant que vous étiez. C’est à ce moment là que peut se jouer une compétition entre vous. Est-ce que vous refusez quelque chose à votre enfant parce que petit on vous le refusait  et que vous estimez que votre enfant ne doit pas l’avoir non plus? L’enfant qui est en vous est-il frustré ? Parfois, même inconsciemment, il est possible que l’adulte jalouse l’enfant et son innocence. Les enfants sont plein de joie, positifs et heureux de vivre. Ils osent, ils expérimentent, ils n’ont pas toutes les barrières que nous nous mettons au fur et à mesure que nous grandissons. Alors, il est possible que vous vous fâchiez parce que vous avez perdu cette innocence et cette fraîcheur. Et si vous alliez chercher l’enfant au fond de vous, celui qui est caché, bien enfoui mais toujours présent, pour arrêter de jalouser secrètement votre enfant qui n’a pas encore été perverti par le monde des adultes ? Et si vous lui appreniez à grandir en conservant cette partie de lui plutôt que de lui apprendre très tôt à la dissimuler ?

Pour réussir son éducation positive, il est préférable d’accorder à son enfant ce que vous auriez voulu avoir étant enfant plutôt que de lui refuser parce qu’on vous le refusait également. Faites donc ressortir votre part d’enfant pour le comprendre plutôt que de vouloir le faire grandir trop rapidement en lui faisant abandonner toute la magie de l’enfance.

8- Être capable de nager à contre courant.

L’éducation positive, bien qu’un peu plus répandue aujourd’hui, est malheureusement encore largement minoritaire et très critiquée (Souvent pour des mauvaises raisons d’ailleurs). Si vous choisissez de vous lancer, il faudra que vous soyez sur de vos choix et que vous soyez capable de les défendre, ou tout du moins de supporter les critiques que vous entendrez autour de vous. Le plus difficile sera de maintenir votre position si votre famille et votre entourage ne l’acceptent pas. Les doutes peuvent apparaître, mais il est très important de pouvoir assumer ses choix et de les garder sans être influencé par les autres.

9-Arrêter de vouloir être parfait et dialoguer le plus possible.

Le plus gros problème avec l’éducation positive, c’est que tout le monde pense qu’il s’agit d’être des parents parfaits. De ne pas s’énerver, ne jamais craquer, rester calme en toutes circonstances, etc. Bien sur, c’est un but à atteindre, mais si vous avez reçu une éducation traditionnelle, il vous sera difficile de changer vos habitudes rapidement. Ne soyez pas trop exigeant avec vous-même, cela prendra du temps. Le plus important est alors de dialoguer avec vos enfants. Vous avez le droit d’être fatigué, de ne pas garder votre calme, de crier. Cela arrive. Ne culpabilisez pas, parlez à vos enfants. Dites leur votre fatigue, votre exaspération, dites leur que vos émotions ne sont pas forcément tournées contre eux mais que vous avez du mal à garder le contrôle . Petit à petit, vous arriverez à repousser vos limites de patience, vous arriverez à vous écouter et à comprendre vos propres limites et à les apprivoiser pour ne pas les diriger vers vos enfants. Donnez-vous le temps surtout, et cessez de penser à une perfection qui n’existe pas. Le plus important est de vouloir élever ses enfants dans le respect de chacun, sans cri ni violence.

10- Lâcher prise

C’est la clé pour réussir, si vous voulez vous lancer dans l’éducation positive. Cette notion est très à la mode et on la met à toutes les sauces. Mais que signifie-t-elle vraiment ? Lâcher prise veut dire qu’à un moment donné, il faut laisser couler. Se dire que ça n’est pas aussi important que vous le pensiez. Votre enfant a mangé des chips pour son goûter alors que vous avez toujours été contre cette idée et avez critiqué les parents qui laissaient faire leurs enfants ? C’est le bon moment pour tester ce fameux lâcher prise. Posez-vous la question essentielle pour y arriver : quelle conséquence cela va-t-il avoir ? Si la réponse n’a pas une importance capitale, laissez couler, vous verrez que vous vous sentirez bien mieux. Votre enfant refuse de manger un soir ? Il veut son dessert en premier ? Vous ne voulez pas céder, vous vous fâchez… posez-vous encore cette question et lâchez prise ! Cela ne voudra pas dire que votre enfant prendra l’habitude de le faire, n’ayez crainte.

Pour finir, sachez que le point essentiel de l’éducation positive repose sur vous. L’enfance de vos enfants fera forcément écho à la votre, même si c’est inconscient. Demandez-vous quel adulte vous êtes devenu, et quel enfant vous étiez. Quels sont les traits de caractère avez-vous et que vous ne souhaitez pas pour vos enfants ? L’éducation que vous avez reçue a-t-elle fait de vous quelqu’un qui manque de confiance ?

Changer de méthode d’éducation va forcément remuer des choses en vous. Il va falloir apprendre à déconstruire avant de reconstruire, et même si c’est un travail long et parfois douloureux, il en vaut la peine car non seulement il va vous permettre d’arriver à mettre en place une nouvelle façon d’élever vos enfants, plus respectueuse de chacun mais en plus il vous permettra de devenir un adulte plus épanoui. Si vous n’êtes pas vous-mêmes bien dans votre corps et votre esprit, l’éducation positive sera d’autant plus difficile à mettre en place. Qui dit adulte épanoui, dit enfant heureux !

Nous verrons donc dans ce blog comment travailler sur soi pour être dans les meilleures dispositions possibles pour commencer une éducation positive pour vos enfants.

Enfin, si vous n’êtes pas encore convaincus, dites vous bien qu’il n’est pas possible de faire du mal en voulant être respectueux.

bataille et triomphe

3 réflexions au sujet de “10 points clés à connaître sur l’éducation positive.”

  1. Bonjour je vous remercie pour tout ce que vous écrivez. Je me reconnais exactement au moindre mot…
    J ai envie que tout change et je vais faire en sorte que ça marche en suivant votre blog et votre page.
    Merci beaucoup

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s