éducation bienveillante, la bienveillance....pour soi-même

La fatigue, l’énervement et la culpabilité.

Il y a des soirs où je me sens menteuse. L’impression de vous tromper  en parlant de bienveillance à longueur de temps, et de voir à quel point je suis faillible, parfois. Comme ce soir.

Après une journée fatigante, il a fallu que je m’occupe des enfants, seule, comme c’est le cas lorsque mon mari est en déplacement et que je n’ai pas l’aide de ma famille. Ce soir, il fallait se dépêcher de rentrer, car le plombier devait passer changer le robinet de la baignoire, pour qu’on puisse enfin se doucher correctement, sans avoir à prendre l’eau du lavabo avec une casserole pour avoir de l’eau chaude. Une semaine qu’on se lave ainsi, avec les enfants, car le robinet est trop usé . Mais le plombier n’avait pas son matériel. Qu’à cela ne tienne, nous ferons encore avec les casseroles pendant deux jours de plus.

Ce soir, c’était révisions des mathématiques avec la grande. Quatre petites leçons à réviser, facile. Sauf quand elle décide de se rouler  par terre parce qu’elle ne comprend plus comment on multiplie par 10. Je laisse la chaleur accablante et ma fatigue de côté, j’essaye d’être zen. Pas facile.

Ce soir, quand les filles seront couchées, il faudra encore que je range la maison, que je prépare le repas de la petite, pour demain. Que je passe l’aspirateur, même si ce n’est plus vraiment l’heure, parce que je n’ai pas pu le faire avant.

5 minutes aux toilettes. Tranquille? Non, Dadou me rejoint et veut aller sur le pot. Je lui enlève sa couche. Elle avait déjà fait dedans, il y en a partout, il faut que je nettoie.

Ce soir il faudra changer l’eau du poisson, on avait dit qu’on le ferait aujourd’hui.

Je couche Dadou. Un biberon, un gros câlin, au lit. Je vais dans la chambre de Melle L, pour prendre le bocal du poisson. Dadou se relève, elle sort de sa chambre. Je la raccompagne puis retourne chercher le bocal. Elle se relève, et sort de nouveau de sa chambre. Tant pis, je la laisse, il faut que je change l’eau de ce poisson! Melle L se couche, j’en profite pour recoucher Dadou à la suite. Elle se relève, et ressort de sa chambre. 10 fois, peut être plus. Je la laisse descendre, tant pis si elle ne se couche pas tout de suite, je vais préparer son repas de demain pour  chez  nounou. Je sais qu’il faut lâcher prise. Mais elle décide de renverser les livres de la bibliothèques et de les jeter par terre. Je n’ai plus de patience, je crie, j’ai perdu mon calme. Je repense aux paroles de la pédopsychiatre de Melle L, je dois tout faire pour rester calme, en toutes circonstances. l’objectif est de ne jamais crier. Et bien madame, j’essaye, je vous assure, mais c’est dur. C’est dur parce que la bienveillance, j’y suis arrivée par choix, mais avant ça, des années et des années sans bienveillance font que ça n’est pas toujours facile  tout le temps. Et lorsque la fatigue s’en mêle et que je ne peux pas passer le relais, l’énervement arrive, et les cris aussi.

La suite évidemment, c’est une grosse dose de culpabilité. J’ai été faible, je n’ai pas tenu. J’ai crié sur mon enfant au lieu de lâcher prise. Pire, je l’ai remise dans son lit fermement, sans calme ni douceur. Elle met mes nerfs à rude épreuve, cette petite, avec son fort caractère. Je lui ai pourtant dit calmement les choses! Mais cela ne l’a pas empêchée de se relever, encore et encore, 10 fois, peut être plus.

Ce soir, cet épisode fait-il de moi une maman non bienveillante? Sans doute. Est ce que cela me montre juste que je suis humaine, avec mes failles? Je ne sais pas.

Ce soir, mes défauts me sont renvoyés à la figure, ça c’est sur. Et mon mari, avec sa patience légendaire, me manque terriblement, dans ces cas là. Je pense alors à toutes ces mamans solos qui doivent composer dans ces conditions tous les jours. Sans aide, sans épaule, sans soutien. Je sais que c’est aussi le cas d’autres mamans, en couple mais terriblement seules dans ces cas là.

Ce soir, j’ai été nulle, j’ai été une mauvaise mère.

Non.

Ce soir, j’ai été une mère. Une mère seule, fatiguée. Une mère sans soutien, sans repos. Une mère qui aurait eu besoin d’un moment pour souffler, mais qui n’en a pas eu.  Une mère qui doit penser à tout, et pour qui ce tout a pris tellement de place qu’il a été plus important que d’écouter pourquoi son enfant ne voulait pas se coucher.

débordée1

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